<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-3437959929116389571</id><updated>2012-02-16T07:19:54.003-08:00</updated><category term='Vieux dialogue'/><category term='Dans ma tête de linotte'/><category term='Poésie'/><category term='Monsieur Lego'/><category term='sous le toit familial'/><category term='Fond de tiroir'/><category term='thérapie'/><category term='Travail thérapeutique'/><category term='brouillon'/><category term='Vieux - pas si vieux - relent psychiatrique'/><category term='lettre à l&apos;autre pour moi-même'/><category term='Fantasme'/><category term='Faux de A à –  presque – Z'/><category term='Faux de A à – presque – Z'/><category term='Hermétisme'/><title type='text'>Au fil de mes égarements...        Dévoilement décousu.</title><subtitle type='html'></subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://symphonuit.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://symphonuit.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>Adèle B.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05012353310218619139</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='14' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-arGt39gKIa8/TzG0WcPX-AI/AAAAAAAAAZw/69HLNJrS2Qg/s220/Visage.JPG'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>37</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3437959929116389571.post-2972138786386269504</id><published>2011-04-03T08:01:00.000-07:00</published><updated>2011-04-03T08:03:02.497-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;span style="color: #660000; font-family: &amp;quot;Trebuchet MS&amp;quot;, sans-serif;"&gt;J'avais besoin de changement.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.la-detresse-tue.blogspot.com/"&gt;http://www.la-detresse-tue.blogspot.com/&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3437959929116389571-2972138786386269504?l=symphonuit.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://symphonuit.blogspot.com/feeds/2972138786386269504/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3437959929116389571&amp;postID=2972138786386269504&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/2972138786386269504'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/2972138786386269504'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://symphonuit.blogspot.com/2011/04/javais-besoin-de-changement.html' title=''/><author><name>Adèle B.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05012353310218619139</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='14' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-arGt39gKIa8/TzG0WcPX-AI/AAAAAAAAAZw/69HLNJrS2Qg/s220/Visage.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3437959929116389571.post-7922611187296278780</id><published>2011-02-12T08:03:00.000-08:00</published><updated>2011-12-23T15:49:26.639-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='brouillon'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Fantasme'/><title type='text'>À vif</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-KMrY7mkUYgo/TVbmoYqzCnI/AAAAAAAAATU/_hknuJMrx9c/s1600/eau%2Bfusain.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5572895170408680050" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 214px; CURSOR: hand; HEIGHT: 320px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/-KMrY7mkUYgo/TVbmoYqzCnI/AAAAAAAAATU/_hknuJMrx9c/s320/eau%2Bfusain.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;Père Noël, je ne passerai pas par quatre chemins. Si je m’adresse à toi, c’est parce que je ne sais plus vers qui me tourner et qu’il me faut dans l’immédiat un exutoire moins dommageable que de me défouler, encore une fois, sur ma petite, elle qui a vécu dans l’oppression de sa mère biologique jusqu’à ce que je décide de la prendre sous mon aile et qui maintenant, m’en fait voir de toutes les couleurs. Je ne sais pas la rassurer pas plus que je sais l’encadrer et la materner. Comme elle voit bien qu’aimer est un art que je ne maîtrise pas, elle me prend la main et m’amène vers de nouveaux visages qui prennent la forme truquée de l’amour inconditionnel. C’est ainsi, niaisement, que je suis tombée dans les bras d’Isaac, la duperie incarnée. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;Ma petite fille s'est présenté à lui la première, gigotant sur place, les yeux hurlant qu’on l’adopte et moi, à moitié dans mes souliers, je riais nerveusement. De fil en aiguille, il s'est mis à lui raconter des récits de princesse aux cheveux bruns et bouclés, comme elle, et de prince salvateur. De ces contes qu’elle a attendu que son père lui narre en vain et qui lui parvenaient maintenant à ses oreilles par la voix mature d’un inconnu qui sait calmer la douleur de l’absence. Aux dires d’Isaac, la petite était belle à croquer et moi, j’aimais qu’il l’aime autant. Les conteurs vicieux devraient servir d’illustration à l’expression « la fin justifie les moyens », car s’ils montrent autant d’intérêt à ouvrir grand les yeux et les oreilles sur l’histoire du petit chaperon rouge, c’est, diraient-ils avec désinvolture, « pour mieux te dévierger, mon enfant ».&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;Par un jour aux allures de grand vide, Isaac m’a écrit ces quelques mots dans son vocabulaire usuel : « J'te crisse à côté de tous mes autres trophées ma câlisse de salope. Chow. » Et tandis que je lui répondais qu’il devait avoir des blessures vieilles de mille ans pour s’adresser à moi de la sorte, la petite qui m’avait entendue lire le message à voix haute, répétait, empêtrée dans son mutisme, « Chow… mein. Chow… mein. Chow… mein » en se taillant des nouilles frites sur l’avant-bras. L’histoire d’Isaac et la petite tailleuse chinoise s'est terminée comme elle avait commencé : au faîte de l’intensité. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;Puis, j'ai fait la connaissance de la mystérieuse Madame C. qui avait travaillé dans un centre de la petite enfance. Bien dommage qu’elle n’y travaillait plus au moment de notre rencontre, car je lui aurais laissé la petite sous sa direction. Moi, je n’ai absolument rien d’une tête dirigeante, j’ai peine à me diriger moi-même, je pars dans toutes les directions, l’éparpillement est mon pain quotidien, comment voulez-vous que j’offre un cadre sécurisant à la petite? Parfois, j’aurais envie de mettre le pied dans un organisme de répit pour les mamans, question de respirer un peu, respirer autre chose que les grandes carences affectives de la petite. Les carences, ce sont des trous par lesquels s’écoulent dix mille années de manque d’amour, d’où la raison pour laquelle la petite s’accroche tant à Madame C. dont l’aura de bienveillance semble porteuse d’un calfeutrage permanent. Elle voudrait que, d’un coup de baguette magique, elle fasse disparaître toutes ses coquerelles cérébrales plutôt que je les lui assomme à coups de sédatifs. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;De même, si je ne lui avais pas appris à fermer les yeux et à s’imaginer la présence de C. maintenant que je ne la côtoie plus sur une base régulière, je pense qu’elle m’échapperait pour la suivre comme un caniche afin d’être sûre qu’elle ne la remplacera pas par un autre caniche. Elle est sur un qui-vive continuel puisque la &lt;em&gt;SPCA&lt;/em&gt; lui pend au nez, croit-elle. L’abandon comme une fatalité. Mais depuis quelques temps, quand la petite devient une boule d’angoisse sur deux jambes, sous ses paupières closes, la fée C. apparaît et elle lui chante, de sa voix de harpe douce, toutes sortes de berceuses destinées aux enfants de porcelaine. D’ailleurs, plus souvent qu’autrement, une mélodie accompagne ses pas et quand les airs connus ne suffisent plus à étouffer son séisme intérieur, elle se promène avec une paire de bras imaginaires qui l’enserrent comme s’il était plus facile d’affronter l’existence, la tête appuyée sur une épaule aimante. Il y a de quoi déclarer que la honte a élu domicile dans ma poitrine, parce que lorsque je m’adresse à C., ma lunette est tellement déformée par les fantaisies de la petite que j’ai l’impression d’avoir devant moi un tableau fragmenté de Picasso, un personnage mi-fée, mi-chanteuse avec deux épaules accueillantes – voire des milliers – superposé à une personne de chair et d’os. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;Père Noël, si c’est à toi que j’écris ces mots, c’est qu’il me semble que tu es le seul à pouvoir comprendre. Dis-moi qu’il y a quelqu’un derrière la figure idéalisée que tu es, dis-moi qu’il y a quelqu’un au bout de ma lettre, qu’il y a un bénévole de &lt;em&gt;Postes Canada&lt;/em&gt; qui répond assidûment à ton courrier, quelqu’un qui m’enverra une réponse dans la seule langue que je connaisse, la langue du cœur, parce que pour tout dire, père Noël, je me sens seule avec cette enfant qui ne me laisse jamais tranquille et j’ai besoin de lire, non sans ce désir égoïste qui me ronge, que quelqu’un est ému, car être ému, n’est-ce pas la preuve suprême d’une reconnaissance témoignée à autrui? J’ai besoin de sentir que j’existe, quitte à détruire tout ce qui émerge de beau et de touchant en moi, la petite y compris, puisque me déchaîner sur elle, c’est m’en prendre à moi. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;Quand je te posterai cette lettre, père Noël, je ne pourrai savoir qui y aura mis le point final… Même que je me demanderai si vraiment il y en a eu un, point final, quand, la tête au bord de l’épuisement, ce moi qui te parle et cette petite qui me nargue et me fait pitié m’apparaîtront de nouveau comme les deux faces d’une même médaille.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3437959929116389571-7922611187296278780?l=symphonuit.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://symphonuit.blogspot.com/feeds/7922611187296278780/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3437959929116389571&amp;postID=7922611187296278780&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/7922611187296278780'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/7922611187296278780'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://symphonuit.blogspot.com/2011/02/vif.html' title='À vif'/><author><name>Adèle B.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05012353310218619139</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='14' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-arGt39gKIa8/TzG0WcPX-AI/AAAAAAAAAZw/69HLNJrS2Qg/s220/Visage.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-KMrY7mkUYgo/TVbmoYqzCnI/AAAAAAAAATU/_hknuJMrx9c/s72-c/eau%2Bfusain.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3437959929116389571.post-8978064479046782111</id><published>2010-09-19T18:02:00.000-07:00</published><updated>2011-03-12T06:52:39.568-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='brouillon'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dans ma tête de linotte'/><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;«Écarter les barreaux qu’on a dans la tête. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;Oui, c’est ce qui arrive parfois&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;quand la parole pousse en prison. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;Il n’y a pas de mots plus forts, plus pénétrants,&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;plus aigus que ceux d’un prisonnier &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;en train d’écarter les barreaux qu’il a dans la tête.»&lt;br /&gt;(Annie Leclerc, &lt;em&gt;L’enfant, le prisonnier&lt;/em&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai toujours le syndrome de la page blanche quand vient le temps d’écrire alors que j’ai pourtant le bout des doigts bouillant, si bouillant, comme si je m’étais renversée de l’eau chaude sur la main et que, ressort au cul, je me serais soudainement métamorphosée en Tigrou, &lt;em&gt;aïe, aïe, aïe&lt;/em&gt;, une vraie marathonienne carburant aux stéroïdes qui court après ses mots, ces mots qui à l’instant même où j’écris ces lignes ne me viennent pas, mais que je tente de rattraper. À force d’écrire n’importe quoi, de me vider la tête de toute pensée cohérente, peut-être que le fond émergera. Il n’y a pas de peut-être, à bien y penser. Le fond émergera, c’est d’une limpidité, ma foi, tellement ridicule... J’ai configuré ma page côté paysage, car le côté portrait m’intimide quelque peu. Je le sais trop bien que le personnage qui émerge sur papier, en plus de porter mon nom revêt aussi mes traits, je n’ai pas besoin que cette feuille tout entière me le dise : portrait. Un mot qui sonne comme une fatalité, car lorsqu’on s’appelle Adèle, on ne fait pas de soi et du monde environnant une description très très réaliste, mais on verse dans l’extrapolation et dans l’exagération puisqu’il me semble que seule la grande intensité peut faire jaillir le vrai. Le résultat est donc brut, décousu, aussi bien dire à la limite de.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Moi, en début d’année scolaire, je me métamorphose toujours en touriste chinoise, catapultée en plein centre-ville, au beau milieu d’une foule estudiantine. Mieux, je deviens Dorothée dans &lt;em&gt;Le Magicien d’Oz&lt;/em&gt;, attrapée par surprise par une tornade avant même d’avoir eu le temps d’aller se réfugier. Pour me protéger, je m’enferme en moi-même, mais aucun espace de calme; dans ma poitrine, l’effervescence de 40 000 étudiants. J’ai envie de leur dire de se calmer, de ralentir leur course folle et plus ça va et plus le tourbillon devient envahissant si bien que j’ai soudainement envie de prendre un cône orange et de leur crier à tue-tête: « dites, ça vous tente de jouer au jeu de la statue? À mon signal, tout le monde arrête de bouger et ce sera à mon tour de me mouvoir selon &lt;em&gt;mon &lt;/em&gt;tempo, parce que présentement, j’ai perdu mon rythme interne, j’ai le cœur qui bat votre mesure, votre cadence est devenue mienne et ma tête s’appelle Hiroshima.» J’ai de telles envies, parce qu’au cœur de cette marée humaine qui fourmille, j’éponge l’agitation de tous et je dois dire que je suis saturée jusqu’à l’os. Alors pour éviter de lancer au prochain qui m’accrocherait rudement au passage que je ne suis pas transparente et qu’il aurait intérêt à regarder où il marche, j’appelle le moi comme on appelle le loup. &lt;em&gt;Moi, moi, où es-tu? Moi, moi, m’entends-tu? Que fais-tu?&lt;/em&gt; (Vous venez de lire la version psychanalytique de &lt;em&gt;Promenons-nous dans les bois&lt;/em&gt;, la comptine pour enfants). Le moi, c’est un peu comme un superhéros interne qui vient à notre rescousse lorsqu’on a besoin d’un exutoire sur-le-champ. Au nombre de désirs soudains qui me montent à la tête en une journée, mon super moi est un ouvrier exploité, travaillant d’arrache-pied à contenir ce surplus. C’est triste à dire, mais l’exploitation existe encore aujourd’hui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(À suivre ou pas. Sans doute pas. Je suis arrivée au bout de l'élan.)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3437959929116389571-8978064479046782111?l=symphonuit.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://symphonuit.blogspot.com/feeds/8978064479046782111/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3437959929116389571&amp;postID=8978064479046782111&amp;isPopup=true' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/8978064479046782111'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/8978064479046782111'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://symphonuit.blogspot.com/2010/09/ecarter-les-barreaux-quon-dans-la-tete.html' title=''/><author><name>Adèle B.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05012353310218619139</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='14' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-arGt39gKIa8/TzG0WcPX-AI/AAAAAAAAAZw/69HLNJrS2Qg/s220/Visage.JPG'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3437959929116389571.post-760121979560536819</id><published>2010-08-29T10:41:00.000-07:00</published><updated>2011-12-23T15:44:38.523-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Travail thérapeutique'/><title type='text'></title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_qLvd9NDNgng/THr2aWDJNVI/AAAAAAAAASw/KImWHFC0WAE/s1600/solitude.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5510988026497021266" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 200px; CURSOR: hand; HEIGHT: 149px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_qLvd9NDNgng/THr2aWDJNVI/AAAAAAAAASw/KImWHFC0WAE/s200/solitude.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;"&gt;Mercredi. L’angoisse de séparation a refait surface mercredi. Vendredi arrivait trop vite et j’anticipais déjà le moment où je quitterais les lieux pour n’y remettre les pieds qu’une fois aléatoirement par mois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;8h30. Je quitte mon logement comme chaque matin de la semaine depuis presque trois mois pour me rendre au travail et comme chaque mercredi, j’animerai un groupe de parole autour d’un mot. Aujourd’hui, nous retournerons dans tous les sens le mot «départ». Comme je suis tout à l’envers, c’est peut-être l’occasion de me remettre tout à l’endroit. Monsieur Rue-en-réparation a amené de la musique de circonstance, Madame B. lit quelques paroles empruntées à un poète de son Haïti natal, Madame Coup-de-vent vient nous livrer sa définition, déclame tous les synonymes et laisse le soin à Madame Philosophe d’extrapoler. L’animatrice, elle, se contente d’écouter ces têtes poivre et sel qui, pense-t-elle, ont tant à lui apprendre…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis un peu dans mes souliers et un peu déjà dans mon grand vide post-départ. À 70% fonctionnelle, comme j’ai dit à la directrice en la croisant. C’est le genre de détail qu’on ne dit pas, mais que moi, je dis spontanément. Le 30% restant s’efforce de contenir mon cœur afin qu’il ne déborde pas au coin de mes yeux. J’ai l’air éparpillée. Je voudrais être ici et là, être partout en même temps pour ne rien manquer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ma fête-surprise — qui n’a rien d’une surprise — arrive à grands pas. Avec tous les indices que mes collègues ont laissés ici et là par inadvertance, j’ai réussi à savoir exactement ce qu’ils mijotaient. Ma petite fille intérieure a eu envie d’envoyer une invitation formelle à tous les résidents :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Mercredi midi, le 25 août, un gâteau vous sera servi à l’occasion du départ d’Adèle. Préparez vos témoignages qui pourront s’ajouter à ceux des employés. Nous lui remettrons la carte géante que vous avez signée de même qu’un collier et un bracelet avec du rouge, sa couleur préférée, gracieuseté de la cousine de P.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai retenu ma petite fille. Seulement, cette même lutte entre ma petite moi et moi-même s’est exprimée plus fort que jamais à l’heure du dîner. Assise à une table, une partie de moi-même avait si hâte au dessert pour que se déroule sous ses pieds le tapis rouge et que pleuvent les compliments, qu’elle trépignait d’excitation tandis que l’autre partie qui en avait pas mal ras-le-bol du fantasme du tapis rouge, tentait de se concentrer sur sa respiration pour dénouer son estomac, question de laisser la place à quelques bouchées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien à la vue de tous, chaque employé m’a lancé des bouquets de mots comme il fait si bon en recevoir. Seulement, je les ai tous oubliés au fur et à mesure qu’on me les disait. Sans doute était-ce trop de belles paroles du même coup. Comme dirait ma directrice, «quand on te donne des fleurs, toi, tu les garroches dans la poubelle». J’ai eu envie de l’envoyer paître lorsqu’elle m’a dit ça, mais je sais trop bien qu’elle a raison, même les fleurs, celles qu’on cueille, je les laisse à l’abandon. C’est vrai. Un jour, j’ai reçu une rose pour la Saint-Valentin de la part de celui qui me faisait office d’amoureux et je l’ai laissée pourrir dans le fond de mon casier d’école, sous une vieille paire de souliers. Bref… Debout devant autant de paires d’yeux rivés sur moi, je ne savais plus sur quel pied danser. Quand est venu mon tour de les remercier, il m’a semblé avoir à la place de la tête un ballon d’hélium à force de répéter : «je voulais vous dire que…» sans être en mesure de poursuivre ma phrase. Heureusement, J. m’a enlevé le micro des mains le temps que je retrouve mes esprits et qu’elle enchaîne avec d’autres gentillesses. Puis les mots me sont revenus…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Je me suis rendue compte que lorsque je parlais de vous aux autres, «vous» pas chacun de vous personnellement, mais «vous», l’organisme, j’utilisais souvent le mot séjour. Ces derniers temps, c’était «mon séjour tire à sa fin» que je disais et je me suis aperçue que lorsque j’utilisais ce mot, c’était pour désigner un endroit accueillant, chaleureux, et vous ne faites pas exception. Vous m’avez beaucoup appris, vous m’avez surpris, vous m’avez permis d’échanger, vous m’avez confronté aussi. Et ça, la confrontation, je pense que c’est bien, parce que c’est lorsque nos certitudes sont ébranlées qu’on peut cheminer. Avec vous, j’ai revu ma vision du vieillissement, des personnes âgées en général… mais je crois qu’il y a seulement une seule de mes certitudes que vous n’avez pas réussi à ébranler, c’est que moi, c’est avec des aînés que je veux travailler.&lt;/em&gt; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;[…]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai lu la carte géante avec des grands yeux d’émerveillement. C’était comme si, à chaque message, je me redécouvrais. &lt;em&gt;Vivante, remplie d’humour et d’une joie de vivre contagieuse, énergique, pleine de naïveté, pétillante, simple... &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai passé le reste de l’après-midi à finaliser un projet, le regard plus tourné vers ma carte d’amour que vers l’écran d’ordinateur. C’est fou, mais il me semble que toutes les fois que je l’ouvre, une bouffée d’amour me parvient. Mais moi, je n’en ai jamais assez de bouffées d’amour. J’en prendrais jusqu’à plus soif et au-delà même. Et particulièrement de la part de ma directrice, elle que j’ai mis tant de temps à cerner et que je crois que je ne cerne toujours pas. Elle qui m’a irritée à plus d’un moment, mais que je n’aurais pas pu détester, car elle a un fond tellement attachant. Elle et son énergie séisme. Elle que j’ai traité de « décoiffante », elle que… qu’en cet après-midi du 25 août, j’ai besoin d’aller déranger juste pour être sûre qu’elle ne m’a pas oubliée. J’entre dans son bureau, lui dit d’un seul souffle : «êtes-vous comme votre répondeur, hors service, car trop plein ou si vous pensez qu’on pourra se voir un petit quinze minutes avant mon départ ? C’est parce qu’il faudrait bien que je fasse un bilan»… &lt;em&gt;Le saviez-vous que vous me faites enrager quand vous me sortez votre fameuse réplique «les grands esprits se rencontrent… je pensais justement à ça», parce que vous me la sortez tellement souvent que je me dis que c’est votre réplique passe-partout avec tout le monde et donc ça ne me prouve pas que vous m’aimez, et moi, j’ai besoin de le savoir : est-ce que vous m’aimez, oui ou non ?&lt;/em&gt; Toujours est-il que vous me placez à votre agenda,&lt;em&gt; demain matin, 8h, déjeuner avec Adèle&lt;/em&gt;, moi qui ai toujours rêvé d’être assez importante pour avoir mon nom dans l’horaire chargé d’une directrice, je suis si si si contente.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[…]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mercredi soir. Bureau du thérapeute.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;C’est parce que, vous savez, je termine mon emploi d’été bientôt et je ne peux pas partir sans écrire des petits mots à mes collègues, d’autant plus que je me suis rendue à l’évidence que c’était mon équipe de travail qui allait me manquer bien avant les têtes poivre et sel. Parce que, mine de rien, au fil du temps, j’ai appris à faire le deuil des têtes poivre et sel, deuil physique, mais deuil symbolique aussi, mais là Monsieur, une équipe de travail… Je veux dire, j’ai toujours travaillé toute seule, je n’avais personne vraiment avec qui valider ce que je faisais, jamais de rétroaction et là, tout d’un coup, je tombe sur eux, eux qui ont cru en moi, qui m’ont laissé une grande latitude sans pour autant me laisser sans frontières et là, je veux leur dire que je les aime, mais j’ai peur d’en mettre trop, de le dire mal, parce que j’en ai écrit des messages dans ma vie et il m’a souvent semblé, après coup, que j’avais trop parlé, que j’avais tout mélangé. C’est comme la fois où j’avais écrit au directeur de programme, à la fin de l’année, une lettre d’éloges. Quand je l’ai relue, je ne savais plus si c’était de la reconnaissance ou de l’amour avec un grand A. Je vais vous lire le message que j’ai écrit pour ma directrice et vous me direz ce que vous en pensez :&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;«Madame la directrice, &lt;em&gt;(Ça, je vais le barrer pour enchaîner avec :)&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Chère C.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Bon… je vous épargne les deux prochaines lignes, parce que ça ne vous regarde pas. Ensuite…&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;C’est que je ne pouvais quand même pas partir comme ça, en sauvage, sans t’écrire un petit mot. Je t’écris au beau milieu de la nuit, non pas parce que je n’ai pas pris le temps de le faire plus tôt, mais parce que j’ai passé une partie, une petite partie, de l’après-midi à réfléchir à la manière dont j’allais formuler ce que j’avais à te dire pour finalement te mettre de côté en me disant que tu allais nécessairement retontir… (C’est un verbe qui te va bien : retontir, après l’adjectif «décoiffante», je t’ai trouvé un verbe et du même coup ton prochain message sur ton répondeur : Ici C. dite la décoiffante. Je n’y suis pas, mais n’ayez crainte, je retontirai sous peu.) Comme de fait, minuit est passé et te revoilà. Le hic est que je ne sais toujours pas comment commencer alors allons-y à l’à-peu-près. En fait, j’ai le sentiment qu’il y a une similitude entre nous deux, mais je suis incapable de mettre le doigt dessus. Je ne sais pas si c’est positif, si c’est négatif, si c’est une bébite commune, un travers, je n’ai aucune idée de la nature de la similitude et ça m’embête un brin, mais ce n’est pas si grave à bien y penser… Je suis capable de vivre sans savoir. Seulement, j’ai l’impression que si je venais à bout d’identifier ce que c’est, je serais plus éclairée sur moi-même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[…]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu es quelqu’un que j’ai envie de déranger alors que je sais pertinemment que tu es débordée, juste pour le plaisir d’occuper un peu de ton temps». &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;* * * &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;- Est-ce que ça se dit tout cela, Monsieur ?&lt;br /&gt;- La question n’est pas tant de savoir si ça se dit ou pas que le message que tu veux lui faire passer.&lt;br /&gt;- Le message… c’est parce que, je dois partir, mais je ne veux pas partir…&lt;br /&gt;- Mais encore ?&lt;br /&gt;- Mais je me suis attachée à elle et je ne veux pas partir.&lt;br /&gt;- Alors pourquoi ne pas lui écrire ça ?&lt;br /&gt;- Ben franchement ! Je suis quand même pas pour lui écrire «Je me suis attachée à vous et vous allez me manquer». J’aurais peur qu’elle ne sache pas à quel point je me suis attachée. Faudrait que j’écrive ça et que je mette un exposant 1000 à la fin. Non, non. Je veux et je vais lui écrire un long message pour ne pas qu'elle m'oublie.&lt;br /&gt;- …&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[…]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jeudi, 1h32.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai rêvé que la directrice me prenait dans ses bras et qu’elle me donnait un bec. J’ai maudit ma couverture de polar d’être aussi douce sur ma joue…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[…]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jeudi matin. Tête-à-tête avec la directrice. J’en oublie presque que j’ai une assiette de crêpes devant moi. Je ne sais plus comment, mais le sujet de la santé mentale est venu sur la table.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- C’est quoi la santé mentale pour toi, Adèle ?&lt;br /&gt;- Vous me prenez un peu au dépourvu, je ne sais pas.&lt;br /&gt;- Ça doit bien t’évoquer quelque chose ?&lt;br /&gt;- Oui. Santé mentale = hôpital psychiatrique. Étiquette, non-reconnaissance de la personne et pis tout le kit. C’est d’une froideur morbide là-bas et je pense que je pourrais m’emporter si j’en parlais plus longuement.&lt;br /&gt;- Tu connais quelqu’un qui a été hospitalisé ?&lt;br /&gt;- Hum, oui.&lt;br /&gt;- Quelqu’un de ta famille ?&lt;br /&gt;- Hum, oui.&lt;br /&gt;- Quelqu’un proche de toi ?&lt;br /&gt;- Hum, oui.&lt;br /&gt;- Toi ?&lt;br /&gt;- Oui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est drôle, mais alors que j’ai craint plus d’une fois ses réactions, sa trop grande réactivité tout au long de l’été, je n’ai pas eu peur d’être jugée en lui répondant par l’affirmative pas plus que je n’ai craint que dorénavant, elle me perçoive comme quelqu’un qu’on doit prendre en charge, qu’on doit surveiller au cas où…, comme une malade, comme une dépendante, incapable, inadaptée. Je savais que dans ses yeux, jamais je ne verrais de peur à mon égard, que jamais elle ne poserait sur moi un œil scrutateur, l’air de vouloir voir si derrière ma rétine, il ne se cacherait pas des résidus de folie. J’avais devant moi une dame qui avait milité durant les années 80 en faveur de la désinstitutionnalisation, qui avait défendu les droits. J’avais devant moi une femme de cœur qui me parlait de santé, parce que trop souvent, comme elle dit, on oublie dans la santé mentale de faire de la place au mot «santé».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* * *&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jeudi, 22h07&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je pleure comme si la fin du monde arrivait demain. Je m’imagine que je serai toute seule demain après-midi, dans le grand local blanc et vide qui nous sert de bureau. Mes collègues tous partis. Des postes de travail vacants. Comment trouverais-je la force d’aller travailler demain ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La véritable question n’est pas &lt;em&gt;comment&lt;/em&gt; trouverais-je la force, mais bien &lt;em&gt;où&lt;/em&gt;. Et je connais la réponse : en moi-même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* * *&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vendredi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;N’ayons pas peur des mots. Je pense que j’ai régressé. Je pense que je ne sais pas faire autrement. Je dois avoir à peu près quatre ans. Je lui remets ma lettre alors qu’elle est en grande discussion avec un employé. Grande discussion entre adultes. Moi, j’ai envie de tirer sur sa blouse pour attirer son attention, mais je me contente de glisser entre ses doigts ma lettre. Moi, je suis pas mal jalouse de savoir qu’elle va dîner avec un autre employé que moi. Moi, je me demande si elle le trouvera plus intéressant que moi. Moi, j’ai besoin de savoir si elle sera là cet après-midi et je ne le sais pas alors mon sandwich passe difficilement. Où es-tu C. ? Je ne te vois plus et j’ai besoin de te voir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Joie ! Il est 13 heures et elle est là. Je voudrais lui demander si elle sera là dans une heure, dans une demi-heure, dans deux minutes et quart.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;15 heures. Elle vient me dire «au revoir». Je tiens à lui rappeler que je m’en vais à 16h30 et que c’est moi qui viendrai lui dire «au revoir». J’ai si peu de contrôle que si je peux en avoir sur le moment où on se dira mutuellement «au revoir», ce sera toujours bien ça de gagné. Mais pourquoi vient-elle me dire au revoir si tôt ? Est-elle déjà en train de m’oublier ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;16 heures. Elle renchérit avec son «au revoir» et j’ai le sentiment que c’est la dernière fois qu’elle me le dira. Moi, je n’entends rien du «au revoir», j’attends qu’elle me dise qu’elle veut me revoir, qu’elle veut parler avec moi, qu’elle a à cœur ce que j’entreprends, mais comme aucun de ces mots-là ne sortent de sa bouche alors je prends l’initiative de lui demander si elle pense que ce serait peut-être possible, un de ces quatre, de poursuivre la discussion qu’on avait entamée au restaurant hier matin. Elle a dit «oui» et elle a ouvert les bras. Je pense que ses bras autour de moi ont été mon plus beau cadeau de départ.&lt;/span&gt; &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3437959929116389571-760121979560536819?l=symphonuit.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://symphonuit.blogspot.com/feeds/760121979560536819/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3437959929116389571&amp;postID=760121979560536819&amp;isPopup=true' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/760121979560536819'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/760121979560536819'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://symphonuit.blogspot.com/2010/08/mercredi.html' title=''/><author><name>Adèle B.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05012353310218619139</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='14' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-arGt39gKIa8/TzG0WcPX-AI/AAAAAAAAAZw/69HLNJrS2Qg/s220/Visage.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_qLvd9NDNgng/THr2aWDJNVI/AAAAAAAAASw/KImWHFC0WAE/s72-c/solitude.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3437959929116389571.post-5861281200435356537</id><published>2010-07-11T12:03:00.000-07:00</published><updated>2011-03-09T16:26:56.233-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='brouillon'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Travail thérapeutique'/><title type='text'></title><content type='html'>&lt;a href="http://www.clubsciences.u-psud.fr/IMG/jpg/800px-Soap_Bubble_-_foliage_background_-_iridescent_colours_-_Traquair_040801.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 253px; DISPLAY: block; HEIGHT: 201px; CURSOR: hand" border="0" alt="" src="http://www.clubsciences.u-psud.fr/IMG/jpg/800px-Soap_Bubble_-_foliage_background_-_iridescent_colours_-_Traquair_040801.jpg" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;div&gt;&lt;div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;color:#660000;"&gt;J’ai toujours eu une grande difficulté à écrire, à commencer surtout. J’aimerais être de celles qui s’installent à une table et qui, minutieusement, s’acharnent à trouver le mot juste. Moi, aucun effort, si ce n’est que de travailler à essayer de me comprendre sitôt que j’ai fait le tour de mes sentiments, après une phrase, un paragraphe, une page ou mille. J’aurais aimé aussi être à l’image du fantasme de C., naguère : la jeune fille juchée sur le rebord d’une lucarne, s’inspirant de ce qu’elle voit à l’extérieur pour écrire. Ne sait-il pas douter une seule fois que, du haut de ma lucarne, je faisais semblant d’écrire à propos du saule pleureur et de la clématite pour ne pas faire mourir un fantasme que je trouvais tellement beau?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n’aime ni les débuts ni les fins alors je procède par décharges impromptues. En fait, j’ai l’écriture pas mal plate. Plein de notes éparses, car j’ai mis de côté les carnets, ces beaux carnets dont je ne me sens pas à la hauteur pour y laisser ma trace. Alors ils s’empilent… &lt;em&gt;Je les utiliserai quand j’écrirai bien&lt;/em&gt;. Je note ce qui me passe par la tête dans mon agenda, dans un roman, dans mes notes de cours, sur ma main, ma cuisse, sur les dépliants… Quand j’ai suffisamment de petites étincelles couchées sur papier, je m’arrange pour toutes les inclure dans ce qui ressemble plus à un ensemble incandescent de mots alignés qu’à un texte à proprement parler. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;color:#660000;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;color:#660000;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;color:#660000;"&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;* * * &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;J’aurais pu accepter la proposition, &lt;em&gt;tu dis oui mon petit soleil si je t’invite à faire un tour de kayak de mer ?,&lt;/em&gt; j’aurais pu accepter, mais il y avait dans son sourire encore ce je-ne-sais-quoi qui perdure depuis ma deuxième journée de travail où, dans le cadrage d’une porte, il s’est avancé pour me dire à demi-mot des paroles sans doute mille fois régurgitées à la face des jeunes femmes :«Je me suis mis de la 60 partout sur le corps aujourd’hui, parce que je fonds quand je te vois». J’ai ri. Et j’ai imaginé le kayak de mer, moi dans mon trou, lui bien callé dans le mien, dans le sien dis-je, le kayak ou moi qui dériverait, le vieux cintre en forme de loupe que je brandirais pour l’attaquer à coups de bulles de savon. &lt;em&gt;Je pense qu’on est des bulles, rien de plus D., on file vers notre point culminant, ce sera beau et magique et POUF! Nous éclaterons&lt;/em&gt;. Le kayak a parcouru ma tête en étoile filante, comme toutes les idées qui ont suivi d’ailleurs. &lt;em&gt;Peut-on s’arrêter sur le bord pour que je me dégourdisse les jambes ? Dis oui, dis oui ! (En vérité, ce n’est pas les jambes que je veux me dégourdir, c’est la langue).&lt;/em&gt; Et quand j’aurai bien dégourdi mes jambes, que je serai dégourdie et étourdie par mon scénario qui n’aboutira pas assez vite à mon goût, je n’aurai d’autres choix que de lui dire promptement &lt;em&gt;est-ce qu’on fait l’amour maintenant ? Je veux dire, c’est là ou jamais, pas question de se connaître, de prendre le temps de nous apprivoiser, de toute manière je suis sauvage alors «prendre le temps de…» peut être long. Puis, c’est pas vrai que je coucherai à répétition avec un vieux croûton qui n’en a rien à cirer de mes projets, qui me dira que oui, oui, la poésie, c’est génial juste pour me donner l’illusion qu’on partage quelque chose ensemble alors qu’il sera dans les faits un simili-analphabète. Non, non. Alors si tu as envie de moi, c’est là ou jamais. Je ne peux pas prendre le temps d’y réfléchir, autrement la rationnelle en moi dira à la passionnée de ravaler ses élans et la passionnée aura envie de gifler la rationnelle, parce qu’elle met toujours son nez là où elle devrait s’abstenir. Alors, on fourre ou pas Monsieur?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;«Je ne pouvais pas accepter l’invitation, vous comprenez, je veux dire, ça ne se serait pas limité à un tour de cravate, de kayak. Maudit, ça me fâche quand je fais des lapsus comme ça. L’autre jour, allez savoir pourquoi, en plein Provigo, je voulais dire &lt;em&gt;olives&lt;/em&gt; à une amie, &lt;em&gt;on achètes-tu des olives ?,&lt;/em&gt; et c’est le mot &lt;em&gt;saucisse &lt;/em&gt;qui est sorti de ma bouche. Aucun rapport de sonorité entre les deux mots, en plus. C’est bête. Je suis bête à mort. Excusez-moi. Ce que je veux vous dire, c’est que je le sais bien que vous, vous seriez content de savoir que j’ai quelqu’un dans ma vie, que mes rêves d’attachement, de quotidien à deux, c’est avec quelqu’un d’autre que vous que je les fais. Vous seriez content que je vous arrive un bon jeudi et que je vous dise : «la nuit passée, j’ai rêvé que je mangeais de la soupe aux carottes et que je faisais ma sieste sur une carpette. Devinez quoi ! Je ne partageais pas le repas avec vous pas plus que je dormais au pied de votre porte d’entrée, non non. C’était l’Amoureux la figure centrale de mon rêve, vous, vous étiez out. O-U-T ! Loin, loin». Et à part de ça, je ne vois toujours pas pourquoi vous voulez que je sois casée à tout prix. Vous prenez-vous pour mon père ? Le père qui voudrait que sa fifille trouve son prince charmant? Vous n’avez pas assez de le faire à la maison avec votre fille dont j’ai oublié le nom, mais que vous avez remerciée dans votre thèse. Hein ? HEIN ? Bon. Je ne voulais pas vous dire que j’avais lu votre thèse, mais il faut croire que ça vient de sortir... Alors oui, j’avoue, je l’ai lue et je pense, et pas juste un peu, que moi, j’aurais aimé qu’on m’accorde une ligne dans une thèse comme la vôtre, une fois dans ma vie, ça m’a fait quelque chose de lire les mots destinés à votre plus vieille &lt;em&gt;merci pour ta présence inspirante dans ma vie&lt;/em&gt;, c’est fou, mais il aura fallu que mes yeux se posent sur ces mots pour que je réalise que je n’étais pas dans votre vie et que je n’y serai jamais, que je peux faire une croix sur une soupe aux carottes qu’on partagerait avec la même cuillère, que je ne dormirai jamais… ah pis, oubliez tout ce que je viens de dire. C’est comme une grosse bulle éclatée. Je «bulle» bien, mais je crève aussi superbement bien. Je suis comme pas votre fille, pas votre amante, pas votre femme, pas même votre amie, je suis comme pas grand-chose, un petit rien qui occupe pourtant une heure de votre temps le jeudi, qui vous fait des beaux et des moins beaux dessins – mais on s’en fout, le contenu prime sur le contenant – et qui parfois, troque le verbiage pour quelque chose d’intelligent ».&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3437959929116389571-5861281200435356537?l=symphonuit.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://symphonuit.blogspot.com/feeds/5861281200435356537/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3437959929116389571&amp;postID=5861281200435356537&amp;isPopup=true' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/5861281200435356537'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/5861281200435356537'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://symphonuit.blogspot.com/2010/07/jai-toujours-une-grande-difficulte.html' title=''/><author><name>Adèle B.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05012353310218619139</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='14' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-arGt39gKIa8/TzG0WcPX-AI/AAAAAAAAAZw/69HLNJrS2Qg/s220/Visage.JPG'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3437959929116389571.post-7696042412096722800</id><published>2010-06-27T16:29:00.000-07:00</published><updated>2010-06-27T18:05:14.288-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='sous le toit familial'/><title type='text'></title><content type='html'>&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_qLvd9NDNgng/TCfjVJicQlI/AAAAAAAAARo/D4Nwi8EnOHA/s1600/Incommunicabilit%C3%A92.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 240px; DISPLAY: block; HEIGHT: 320px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5487604623451374162" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_qLvd9NDNgng/TCfjVJicQlI/AAAAAAAAARo/D4Nwi8EnOHA/s320/Incommunicabilit%C3%A92.jpg" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;font-size:85%;color:#660000;"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Il faut avoir été élevée en petite princesse pour réagir en petite princesse une fois rendue à l’âge adulte. Je ne sais pour quelles raisons ce passage de ma vie qui remonte à 2007 me revient en tête et me pousse à le réécrire pour la énième fois alors qu’il est 22 heures et qu’à 22 heures pile-poil, je tiens à être au lit, car comme je dois me lever à 7 heures demain, &lt;em&gt;j’ai un peu beaucoup peur de me dérégler au grand complet si je ne dors pas mes neuf heures de sommeil&lt;/em&gt;… Princesse Adèle en crise, - c’était «crisse» au départ, j’avais mis deux «s» et je les aime mes lapsus lorsqu’ils sont aussi parlants alors je vous en fais part, parce qu’effectivement c’était sans doute encore la colère qui me poussait à ressasser la même histoire – princesse Adèle donc, en crisse et en crise, même si la crise lorsqu’elle se donne à voir est toujours d’une autre nature que celle vécue véritablement, voulait ce jour-là toucher l’intervenante du centre de crise qui évaluait sa situation, parce qu’elle avait tellement besoin qu’on prenne soin d’elle qu’elle aurait même été prête à régresser au point de se mettre une débarbouillette dans la culotte à la place d’une serviette hygiénique pour qu’on la prenne sous une aile, de poulet ou de bonté, ça lui était bien égal pourvu qu’on s’occupe d'elle. Simuler la régression me va comme un gant, mais ce jour-là, j’ai préféré opter pour l’hystérie, question qu’il n’y ait pas de jalousie entre les moyens dont j’use pour arriver à mes fins. Je n’ai jamais aimé jouer à la méchante, je m’imaginais mal dire à Hystérie, &lt;em&gt;bon bon, un peu de calme, je n’ai pas envie que tu entres en scène aujourd'hui. Meilleure chance la prochaine fois&lt;/em&gt;. &lt;em&gt;Je laisse encore une fois toute la place à Régression.&lt;/em&gt; C’est un peu castrant comme intervention et moi qui suis douce, douce, vous savez… &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;font-size:85%;color:#660000;"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Bref, assise devant l’intervenante, qui devait avoir tout au plus cinq ans de plus que moi, j’ai feint un état de stress aigu, &lt;em&gt;oui oui Madame, on parlait la semaine passée mon père, la mère et moi d’un futur voyage et j’ai dit que j’en avais rien à cirer du voyage, qu’on pouvait bien aller en Floride, au Japon ou aux îles au nom imprononçable, je-m’en-fous, «décidez», oui, c’est ça que je leur ai dit «décidez. De toute manière, c’est pas comme si vous me demandiez mon avis souvent, hein! Je le sais ben, ici, je suis la seule à ne jamais être consultée alors que vous ayez mon opinion ou pas, je vois pas ce que ça changerait». Et c’est là que mon père alors que l’instant d’avant, il me semblait impassible – sans doute est-il comme moi, tout se passe à l’intérieur jusqu’à ce qu’il y ait un séisme de magnitude 9 – m’a attrapé le bras gauche et m’a garroché, comme un tas de pas grand-chose, dans le coin du salon en disant aussi fort que la pression faite par sa main autour de mon bras : «Ostie, tu vas nous parler comme du monde». J’avais le bras aussi serré que ma gorge quand je me suis étouffée un jour avec une cerise, Madame. C’est pas pour dire! Mais là, même si j’avais voulu, je n’aurais pas pu utiliser mes techniques de RCR. Moi, par terre, lui, du haut de son 5 pieds 8 tentait de me faire comprendre que je devais leur parler comme du monde à force de coups de pieds dans les côtes. Je crois que c’est de là que prennent racine ma tendance masochiste et ma tendance à me dissocier lors d'un trop grand stress. On aura beau dire que je suis le vilain petit canard de la famille, mais on oubliera que nous sommes des êtres de relation qui appartiennent à un même système et que, sachant cela, pour comprendre le vilain petit canard, il vaudrait mieux procéder à une analyse systémique. J’étais au sol, moi, petite chose, objet au même titre que les chaussettes sales de papa et moi, sur le plancher, je disais : «ça ne fait même pas mal. Fesse plus fort. Fesse plus fort que je te dis! C’est pas des côtes que j’ai, c’est des sparibs! Ah, ah, ah!» et j’espérais rester marquer à jamais. En cette soirée du mois de mars, je peux dire que c’est le plus grand rapprochement que j’ai eu avec mon père jusqu’à ce jour, Madame. Pendant que mon père se défoulait sur sa fille dès lors chosifiée, ma mère disait : «Vas-y pas trop fort», pas trop fort comme s’il était légitime de frapper, pourvu que ça se fasse avec modération. Après, j’ai eu peur. Après, j’ai monté l’escalier, ai voulu me cacher dans la salle de bain en barrant derrière moi la porte, mais eux, avec leur clef de secours ils menaçaient d’entrer alors je me suis réfugiée dans le panier à linge sale et parmi ces odeurs nauséabondes, croyez-le ou non, je me suis enfin sentie à ma place. Les vêtements puants avec ma petite personne infecte. Quand la porte s’est ouverte, tétanisée, j’ai couru jusqu'à mon lit et, recroquevillée, je gueulais à m’en décrocher les amygdales : «Je vais le dire, je vais le dire à tout le monde, je vais leur montrer les marques d’ongles dans ma peau et mon bras rouge. Je vais le dire, je le jure»! Et, ma mère et moi nous nous renvoyions la balle, la balle écorche-coeur. «Tu vas tout de suite aller présenter tes excuses à ton père», qu’elle m’a crié. «Jamais de ma sainte vie, je n’irai pas, t’entends?», que j’ai répliqué, mais j’ai dû me rendre à l’évidence que je devais obéissance à la mère et devant mon père au visage défait, je me suis excusée, la voix éteinte. «Tes yeux, ma fille. Regarde ton père dans les yeux quand tu lui parles», qu’elle a dit la chipie. J’ai croisé l’index de ma main avec mon majeur comme quand petite, je voulais enlever toute valeur à mes paroles, j’ai levé la tête, j’ai affiché un sourire grand comme peut l’être ma seconde peau de protection depuis cet événement et j’ai dit : «je m’excuse». C’est tout. &lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;font-size:85%;color:#660000;"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;font-size:85%;color:#660000;"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;J’ai dit tout cela en un souffle et quart à l’intervenante qui prenait des notes. Sur sa feuille, parmi mes mots qu’elle notait, il y avait deux larmes imbibées. Moi, qu’on ne prenait jamais au sérieux, j’avais réussi à toucher quelqu’un, mais je ne savais plus si j’avais envie de me réjouir ou de me détester à m’en donner des coups à la Tarzan sur l’abdomen. C’est que, non seulement j’avais menti en jouant Aurore l’enfant martyre dans l’espoir que l’intervenante me prenne en affection, qu’elle me garde près d’elle et conséquemment, que je fasse un pied de nez à ma colocataire, &lt;em&gt;ninananère, c’est toi la méchante pas moi, je passerai la semaine loin de toi à me faire traiter aux petits oignons&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;ça t'apprendra à me déclarer la guerre injustement et à me faire revivre des états intenses d'angoisse infantile.&lt;/em&gt; Non seulement j’avais menti quant au déclencheur de la crise, mais je venais de trahir ma mère qui, en cette soirée du mois de mars 2002 m’avait formellement interdit de parler de ce qui c’était passé un peu plus tôt dans le salon familial alors que nous parlions du voyage à venir. Les larmes de l’intervenante, c'était un peu celles que ma mère n’a pas versées, mais que j’ai longtemps attendues. Ce regard bienveillant, c’était celui qui a toujours un peu beaucoup manqué au sein de ma famille. Mais qui, du père qui avait explosé, de la mère rigide qui prenait l'initiative de fixer des «réunions au sommet» pour échanger, ou de l’adolescente au «je» baveux, était à blâmer? Je pointe du doigt l’incommunicabilité.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3437959929116389571-7696042412096722800?l=symphonuit.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://symphonuit.blogspot.com/feeds/7696042412096722800/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3437959929116389571&amp;postID=7696042412096722800&amp;isPopup=true' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/7696042412096722800'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/7696042412096722800'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://symphonuit.blogspot.com/2010/06/il-faut-avoir-ete-elevee-en-petite.html' title=''/><author><name>Adèle B.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05012353310218619139</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='14' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-arGt39gKIa8/TzG0WcPX-AI/AAAAAAAAAZw/69HLNJrS2Qg/s220/Visage.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_qLvd9NDNgng/TCfjVJicQlI/AAAAAAAAARo/D4Nwi8EnOHA/s72-c/Incommunicabilit%C3%A92.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3437959929116389571.post-8972853967186353803</id><published>2010-05-23T19:42:00.001-07:00</published><updated>2010-05-23T20:17:23.050-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;Parfois, je me raconte de belles histoires. &lt;em&gt;Adèle, tu devrais postuler à plus d’un endroit pour un emploi d’été, comme ça, ça te fera de bonnes pratiques pour décrocher par la suite le travail rêvé&lt;/em&gt;. Parfois, je pense qu’il y a une partie de moi qui me prend pour une vraie conne, parce qu’à vrai dire, si je vagabonde d’entretien en entretien, c’est bien seulement pour quémander de beaux yeux qui brilleront sur ma petite personne qui tente de se faire valoir, toujours gauchement, mais comme dirait untel, « t’as la gaucherie attendrissante ». Quatre entrevues réussies, l’intérieur enfin gonflé à la confiance en soi, j’applique pour un contrat qui me semble taillé sur mesure. J’en étais à la rédaction de ma lettre de présentation et comme à toutes les fois où j’écris de façon emphatique, c’est-à-dire presque tout le temps, professeur Dion m’est revenu à la mémoire et avec lui, ses commentaires tranchants : « vous auriez intérêt à vous débarrasser de votre style ampoulé ». Professeur Dion serait content de ne plus me savoir en études littéraires, mais le problème n’est pas tant le style – si ce n’était que cela ! – mais bien le fait que j’ai la tête tellement à l’étroit que mes mains en viennent à écrire avec grandiloquence. Je suis un peu beaucoup affectée, mais un peu beaucoup affectueuse aussi. Parlant de mains, moi, je ne crois pas au discours populaire qui stipule que tout est joué dans les premiers instants, dans une poignée de main un peu trop molle, moite à souhait, autrement, je n’aurais jamais travaillé. Parce que j’ai toujours les paumes, aussi bien dire la paume, les doigts et l’entre-doigt, humides. C’est à croire que même mes glandes ont un fonctionnement excessif. Je me souviens de cette visite chez le médecin avec la mère. En fait, je me souviens davantage du trajet en auto &lt;em&gt;ce problème-là continue, parce que tu ne t’en occupes pas. Je t’ai acheté des produits Johanne Verdon… Combien de fois est-ce que je t’ai dit qu’il fallait les utiliser au pied de la lettre. Au-pied-de-la-lettre ma fille, pas seulement quand tu le sens ! Parce que, te connaissant, si t’attends de le sentir, ça risque de pas arriver souvent, mais si tu prends pas ça au sérieux, c’est un autre problème, mais va pas dire au dermatologue que je ne t’ai pas aidée. C’est toi qui ne t’aides pas. Aide-toi et le ciel t’aidera. Tu le connais pourtant le proverbe, misère Adèle, je ne sais plus quoi faire avec toi! Pis à part de ça, va falloir dire au spécialiste que tu n’as pas coupé le café, ni le chocolat, ni les aliments épicés, ni le beurre d’arachide, ni… pis on peut pas dire que tu fais beaucoup d’exercice non plus, hein ! Demande-toi pas pourquoi après, tu sues autant des mains. Tu veux pas agir directement sur les causes&lt;/em&gt;. Mère simpliste ; fille excessive. Nous formons une belle paire. Tout cela pour dire que je ne crois pas à l’importance de travailler devant le miroir sa poignée de main pour réussir un entretien. Je me confesse, j’ai une main guimauve, mais un grand sourire oculaire et ça suffit. Il en va de même pour l’habillement. Je refuse de revêtir un petit costume neutre et sobre. Moi, je porte ce qui me chante le jour J, je ne peigne pas plus qu’à l’accoutumée mes cheveux frisés indomptables et ne me maquille pas. Je ne m’habille pas pour le succès et si les vêtements sont une extension de l’image de soi, aussi bien m’éviter de porter un masque de plus. Puis j’ai toujours aimé prendre des risques alors aussi bien prendre le risque de m’habiller selon l’inspiration du moment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Petits souliers chinois, jupe fleurie dont je crains toujours la transparence, chandail rose bébé, camisole sous le chandail, soutien-gorge sous la camisole – non mais ! — j’attends, chapeau de paille à la main, dans le hall d’entrée, que la directrice vienne à ma rencontre. J’ai toujours l’air d’une touriste chinoise même dans ma propre ville, je n’ai pas de vue d’ensemble des rues, aucun sens de l’orientation alors quand j’arrive finalement à trouver l’emplacement de ma destination, j’ai encore le regard perdu dans les nuages de l’extérieur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- C’est vous Adèle ?&lt;br /&gt;- Elle-même en personne ! Bonjour Madame! Enchantée. Avant d’oublier, je vous ai amené mes rapports de stage, parce que comme je suis depuis presque toujours travailleuse autonome, je n’ai pas ou presque pas de références, mais je me suis dit que des stages de plus de cent heures pouvaient peut-être contrebalancer le fait que je n’ai pas énormément de références, &lt;em&gt;ta gueule, tu l’as déjà dit&lt;/em&gt;, alors je voudrais bien que vous les preniez en considération, parce qu’ils donnent une impression globale de qui je suis, &lt;em&gt;non mais, tu vas te calmer… même pas encore dans le bureau que déjà ton clapet se fait aller&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;- Habituellement, nous réglons la question des références à la toute fin, mais comme vous m’en parlez là, nous pourrons y jeter un coup d’œil en premier.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Misère Adèle, tu fais toujours tout à l’envers. C’est la faute à l’emballement. Quand je déborde d’enthousiasme, ma tête décroche&lt;/em&gt;. Vous avez raison, je n’avais pas à vous présenter ça d’emblée. Excusez ma maladresse, mais en même temps, je prends de l’avance pour les questions que vous me poserez. La maladresse est l’une des réponses à la question : « quels sont vos défauts»?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle sourit. Je ne sais pas comment interpréter ce sourire. Après avoir fait une conne de moi, j’hésite entre penser qu’elle relève les coins de la bouche parce que je l’ai rendue mal à l’aise, que je lui ai inspiré de la pitié ou toutes autres hypothèses qui m’échappent. C’est au moment précis où je réfléchis à tout cela qu’elle ouvre la porte de son bureau et que j’y découvre non pas une autre collègue, mais deux autres collègues qui m’attendent, leur main déjà tendue vers ma main morte. Ne manquait plus qu’un «surprise !» digne des traditionnelles fêtes surprises pour que je prenne mes jambes à mon cou. Deux collègues additionnées à elle-même, ça fait trois, non ? 3-1. Je suis presque K.O. Je vais tenter de me relever. Je vais tenter, dis-je bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Alors… A+. Exceptionnelle. Fait preuve d’une grande maturité. Parfait contrôle en situations difficiles. Réussie par son approche et son calme là où des gens d’expérience ont échoué. Grand sens de l’observation. Dites donc, je peux comprendre pourquoi vous étiez pressée de nous montrer ces commentaires… Je continue. Défis à relever… Te faire confiance. Cesser de te sous-estimer et de vouloir contrôler ce que les autres pensent de toi. Si je vous demandais votre avis par rapport à ces points forts et ceux à améliorer, vous répondriez quoi ?&lt;br /&gt;- La question qui tue comme dirait Guy A. Lepage ! &lt;em&gt;Empressée de montrer ces commentaires, car ils composent ma belle facette. Je n’étais quand même pas pour vous montrer le pendant, vous amener mon évaluation psychiatrique lors de ma crise de naguère où des notes aussi puissantes que « aucune auto-critique », « aucun jugement », « très immature », « danger grave pour elle-même » y figurent&lt;/em&gt;… Je vous dirais, par rapport aux défis que je suis une personne qui doute beaucoup d’elle-même, mais en même temps le doute me fait avancer, me sert d’appui. Je voudrais encore douter, mais pas sur le plan personnel, juste dans la vie en général. Je ne sais pas si je me fais bien comprendre. Non. Je ne suis pas claire. Je recommence. Ce que je veux dire, c’est que j’aime bien aller à tâtons dans la vie, mais en même temps, je suis toujours incertaine quant à la pertinence de mes propos alors bien souvent, je me referme. Disons que j’ai encore du travail à faire côté affirmation de soi, &lt;em&gt;ça fait juste trois ans et des poussières de mois que je brasse mes bébittes en thérapie&lt;/em&gt;, mais j’y vois Mesdames !&lt;br /&gt;- Personnellement, je n’ai pas de doute là-dessus. Et que faites-vous de toutes ces belles louanges?&lt;br /&gt;- Je m’en sers de peau protectrice. Quand, justement, le doute s’installe en moi de façon plus prédominante que d’ordinaire, je me récite les points forts que mon superviseur a soulevés. Grande maturité. Parfait contrôle en situations difficiles. Réussit. Grand sens de l’observation. Et ce, jusqu’à ce que j’y crois vraiment &lt;em&gt;ou du moins, jusqu’à ce que l’examen de mon état mental que je n’ai toujours pas digéré s’efface de mes pensées&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;- Bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[…]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je vois que vous participez à bon nombre d’ateliers, conférences, séminaires, colloques en parallèle de vos études et…&lt;br /&gt;- Oui, oui, pour moins douter de moi en m’enrichissant toujours davantage. &lt;em&gt;Maudite impolie. Est-ce que Madame avait fini de parler Adèle ? Non. Bon. Alors, qu’est-ce qui te prend de l’interrompre comme ça&lt;/em&gt; ?&lt;br /&gt;- Et… j’étais curieuse de savoir la raison pour laquelle vous aviez suivi un stage en jeu clownesque.&lt;br /&gt;- Vous allez rire si je vous dis que c’était encore une fois, pour moins douter. C’est à croire que toute ma vie tourne autour du doute ! En fait, ce n’était pas un stage pour devenir un clown qui gonfle des caniches, mais bien un stage de connaissance de soi par la découverte de son clown intérieur. &lt;em&gt;Ça paraît tout beau et tellement admirable quand je raconte ça, mais je ne raconterai pas toute la difficulté que j’ai pu avoir durant ces trente heures de formation à laisser émerger sans peur mes travers, parce que ce qui fait rire c’est justement ce qui fait notre imperfection. Je crois qu’il n’y a pas une journée où j’ai quitté l’atelier sans pleurer, me trouvant pas mal dégueulasse d’avoir un clown aussi dégueulasse. Mon clown était une miss univers vêtue d’une robe de bal rose fleurie dont le rebord arrière était retroussé non pas jusque dans la craque de fesse, mais bien noué à la bretelle de l’épaule pour caricaturer un peu plus le personnage. Et la robe restait retroussée en permanence, la miss étant trop idiote pour s’en rendre compte ou alors trop préoccupée par les questions qu’on lui posera et pour lesquelles elle déblatèrera de belles réponses utopiques ou alors carrément hors-propos. J’étais une espèce de miss univers lunatique, mauvaise perdante, boudeuse, prête à riposter aux batailles des autres clowns à coups de bouquets de fleurs artificielles qui finissaient par être projetés aux quatre coins de la pièce. &lt;/em&gt;Si j’ai appris une chose de ce stage, c’est bien le fait qu’on ne peut pas créer de toutes pièces son clown, on ne peut pas le choisir, il faut le laisser venir à soi. J’ai appris à vivre un peu plus avec moi. J’ai appris que je ne pouvais pas être quelqu’un d’autre que moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[…]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Si j’avais à vous décrire, je dirais que vous êtes un heureux croisement entre André Sauvé et Tricot Machine. Tout comme l’humoriste, vous digressez, digressez, digressez, mais vous rattrapez le fil qu’on pensait que vous aviez perdu et dans votre discours il y a quelque chose de profondément brillant. Et vous avez l’enthousiasme enfantin de Tricot Machine.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;J’ai aussi l’impression d’être sans queue ni tête parfois. Pour la queue, pas besoin d’image, c’est clair, pour la tête… supposons que c’est clair pour la tête aussi. Je crois que je préfère par contre avoir des airs de famille avec André Sauvé plutôt qu’avec Martin Matte. Être condamné à l’excellence doit être une peine lourde à porter, car même si j’imagine souvent qu’on déroule le tapis rouge pour moi, s’il fallait que ça se produise vraiment dans la réalité, j’irais me cacher dans un placard avant qu’on me traîne jusqu’au tapis. &lt;/em&gt;C’est drôle que vous me parliez de Tricot Machine, parce que je suis une machine à tricoter des mots, &lt;em&gt;j’ai au bout de la langue une perpétuelle métaphore filée, mais parfois j’oublie ce que je tricote. Ça file.&lt;/em&gt; J’aime beaucoup écrire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[…]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je peux bien être essoufflée, vidée de toute mon énergie, quand je termine une entrevue. À vrai dire, c’est que mon monologue intérieur prend autant d’importance sinon plus que ce que je dis. Je me sens comme si je venais de me réveiller à la suite d’un rêve torride et que je me demandais : « ai-je &lt;em&gt;vraiment&lt;/em&gt; prononcé les mots que j’avais en tête ? », question de savoir si ma colocataire au sommeil léger s’est demandé ou pas ce qui se passait de l’autre côté du mur...&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3437959929116389571-8972853967186353803?l=symphonuit.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://symphonuit.blogspot.com/feeds/8972853967186353803/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3437959929116389571&amp;postID=8972853967186353803&amp;isPopup=true' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/8972853967186353803'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/8972853967186353803'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://symphonuit.blogspot.com/2010/05/parfois-je-me-raconte-de-belles.html' title=''/><author><name>Adèle B.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05012353310218619139</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='14' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-arGt39gKIa8/TzG0WcPX-AI/AAAAAAAAAZw/69HLNJrS2Qg/s220/Visage.JPG'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3437959929116389571.post-7120142387801933186</id><published>2010-05-16T19:07:00.000-07:00</published><updated>2010-05-16T20:04:39.251-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='lettre à l&apos;autre pour moi-même'/><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;Pour m’adresser à vous, je voudrais bien être en mesure de me débarrasser de ce «vous» justement, ce «vous» qui nous a uni dès notre première rencontre où, dans un ascenseur, je vous ai tendu ma main moite en vous disant, habitée du stress d’une première journée de travail : «Je m’appelle Adèle, je suis nouvelle ici. Et vous»? J’ai cherché par la suite l’origine de cette quasi-jouissance du vouvoiement dans mon côté fleur bleue, ma tendance à vouloir réinventer le romantisme avec mes blouses fleuries, mes jupes longues, mes chapeaux de paille, mes tresses françaises, ma tendance érotico-poétique du moment, mais il m’apparaît évident aujourd’hui que j’aurais dû chercher la réponse dans mon côté trop névrosé pour vivre un amour autre que platonique, autrement que par un jeu de séduction qui ne m’aura pas empêchée d’aboutir dans une chambre d’hôtel un an plus tard à regretter que le mot «vierge» soit désormais un strict signe astrologique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À la fin de mon contrat d’été, alors que je distribuais des petits gâteaux que j’avais faits la veille pour remercier toutes ces personnes qui m’avaient tant appris, vous m’avez accroché au détour d’une conversation et dans vos yeux, il y avait quelque chose comme de l’admiration inconditionnelle. Encore une fois, vos mots prenaient la forme de compliments, &lt;em&gt;vous remerciez tout le monde Adèle, mais moi, je veux vous remercier, vous, pour ce que vous avez fait pour les autres. Vous irez loin Adèle, vous ferez de belles et grandes choses&lt;/em&gt;, et moi, immensément coincée à l’intérieur, j’avais le sentiment que vous me mettiez sur un piédestal et que vous étiez soudainement tout petit à côté de moi. Au-delà de vos belles paroles, je sentais que vous me parliez de vous et de votre amertume face à votre vie, la vie. J’avais devant moi un homme blessé, mais j’avais aussi devant moi un homme qui s’adressait à moi comme personne ne l’avait fait auparavant et ce jour-là, j’ai convenu à tort que nous allions nous sauver mutuellement. J’allais vous montrer la vie telle que je la voyais, pleine de rêveries et vous, vous seriez toujours là à mes côtés, posant un perpétuel regard bienveillant sur moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je vous ai écrit tous les jours pendant un an. Quand j’y repense, je me considère chanceuse d’avoir opté pour les lettres au collégial, car je n’aurais pas pu conjuguer cet amour avec les sciences humaines. La fabulation ne va pas de pair avec la réalité tangible. La fabulation m’aura tout de même menée à ma perte, mais elle aura au moins eu le mérite de me faire réussir haut la main mes cours de création. Quand j'y repense, je vous ai tout donné, de ces bouts de moi littéraires à ces silhouettes féminines faites au fusain jusqu’à… mon corps œdipien livré pour vous. Après notre corps à cœur émietté, je n’ai plus jamais aimé. Il faut sans doute avoir aimé une fois comme ça, aussi mal que ça, pour ne plus jamais vouloir aimer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La nuit où nous avons consommé ce qui me semblait être de l’amour, aussi bien dire la nuit où nous avons baisés, vraisemblablement parce que vous ne saviez pas faire l’amour, je vous ai demandé plus tard d’une voix éteinte : «vous allez m’abandonnez vous aussi ?» et je crois que le silence m’a rarement fait autant mal. Les seules images qui me sont venu en tête en fermant les yeux, car que restait-il à faire sinon que de fermer les yeux, étaient celles d’un semblant de femme à quatre pattes et d’une bête. &lt;em&gt;La Belle et la Bête&lt;/em&gt; version heavy, un film dont nous étions les vedettes principales en grande première quelques heures plus tôt. La tête gorgée de bières, j’accompagnais chaque va-et-vient de la chanson &lt;em&gt;C’est une poupée qui fait non non non non&lt;/em&gt; sauf qu’aucun son ne sortait de la bouche de la poupée. C’est dans ces moments-là que je suis heureuse d’avoir autant d’imagination, quand, dans une chambre d’hôtel, je réussis à m’imaginer que je prends les airs d’une pouliche avec ma longue crinière tombant sur le côté. Une pouliche rose dans un beau grand carrousel au diapason avec ma tête qui tourne, tourne, tourne ou alors au diapason avec le reste de mon corps qui ne m’appartient plus. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;&lt;br /&gt;Au retour, j’ai pris au moins quatre fois la pilule du lendemain, car j’avais la douloureuse impression que vous étiez encore trop présent en moi. D’ailleurs, vous étiez à ce point présent en moi que pendant neuf mois, j’ai aussi cru que je portais un «moi-vous» dans mon ventre. J’ai dû simuler au moins cinq fois une grossesse. C’est beaucoup de chiffres que je vous dis là, &lt;em&gt;quatre fois la pilule, neuf mois à vous porter dans mon ventre, cinq fois à avoir une grossesse nerveuse,&lt;/em&gt; ne les retenez pas, si ce n’est que ce dernier : après vous, je n’ai plus jamais aimé, après vous, quatre ans se sont écoulés.&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3437959929116389571-7120142387801933186?l=symphonuit.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://symphonuit.blogspot.com/feeds/7120142387801933186/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3437959929116389571&amp;postID=7120142387801933186&amp;isPopup=true' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/7120142387801933186'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/7120142387801933186'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://symphonuit.blogspot.com/2010/05/pour-madresser-vous-je-voudrais-bien.html' title=''/><author><name>Adèle B.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05012353310218619139</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='14' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-arGt39gKIa8/TzG0WcPX-AI/AAAAAAAAAZw/69HLNJrS2Qg/s220/Visage.JPG'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3437959929116389571.post-3538679282143312732</id><published>2010-05-13T12:43:00.000-07:00</published><updated>2010-05-13T13:37:33.047-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Travail thérapeutique'/><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;"&gt;Étendue sur mon lit, sur le ventre, car ce n’est certainement pas mon A du buste qui pourrait m’en empêcher, j’ai balbutié, la bouche pleine de ces larmes que je laisse toujours venir jusqu’à la commissure de mes lèvres, peut-être pour avoir le sentiment que je suis proche de la mer, l’amer, la mère, choisissez le mot qui vous convient, j’ai balbutié à moi-même :« je suis à l'envers » et à la prononciation du mot « envers », il me semblait que je venais de trouver l’intitulé de toute ma vie. Envers comme proposition associée à un nom ou un adjectif désignant un sentiment, &lt;em&gt;tu n’es rien qu’un amas de méchancetés envers elle, lui, eux&lt;/em&gt; que je me cris quand un &lt;em&gt;haut-le-corps&lt;/em&gt; de moi-même me prend. Traditionnellement, le complément qui suit «envers» représente une personne ou un groupe. Il faut croire que j’emploie ce mot à toutes les sauces au nombre de fois où je me sers d’autrui comme d’un objet, comme quand, petite, je prenais mes marionnettes, leur donnais le nom d’un être supposément cher et, bien que haute comme trois pommes, je me faisais déjà poète avec mes gradations à n’en plus finir : &lt;em&gt;tu te penses comique toi, hein? T’es un petit con, non, pire, un grand con ! Viens ici que je te donne une bonne gifle. Tiens! Une! Puis deux! Et trois! As-tu eu ta leçon mon grand con pas comique ?&lt;/em&gt; Et je me mordais les lèvres tant j’étais fâchée si bien qu’après la scène, j’étais d’autant plus fâchée de constater qu’en plus de mon mal-être général, ma bouche un peu trop rouge m’élançait. Aujourd’hui, je ne suis plus petite, mais je prends encore la vie pour un théâtre, je suis une espèce de ventriloque qui articule sans remuer ses lèvres, j’aurais beaucoup trop peur que mes lèvres s’activent comme dans mon enfance et d’avoir par la suite les babines enflées par la colère de jadis, non, ma voix provient plutôt du ventre c’est pourquoi le personnage auquel je donne vie est si intense. Du ventre à la voix, il y a tout un chemin à parcourir. Je mets en scène une petite fille que l’on a brimée dans son droit de parole alors pour arriver à ses fins, elle use maintenant de mille et une stratégies. Manipulatrice, cachotière, hypocrite, enjoliveuse, séductrice, taxez-la du qualificatif que vous voudrez, mais vous oublierez que ces appellations portent toutes en elles-mêmes l’idée d’une intention. Or, le «je» actuel de cette petite fille émerge comme il peut, ses actions sont vidées d’un but malintentionné, elles sont plutôt la réaction d’une émotion ingérable autrement que par la forme d’une duperie, d’un déguisement, d’un mensonge. Bien pire que de casser un miroir et d’avoir sept années de rien du tout de malheur, pour chaque connerie dont je prends conscience après coup, j’en ai pour un siècle de culpabilité. Je me consume à la culpabilité si bien qu’arrivée à la fin de ma vie, je n’aurai pas à rédiger mes dernières volontés puisque le sentiment d’être coupable m’aura déjà incinérée, détruite tout entière. Moins de travail pour mes successeurs, me voilà sautillante de bonheur. C’est que je n’ai jamais aimé déranger bien que j’aie passé tout mon temps à déranger, à mal déranger. J’aurais pu écrire les &lt;em&gt;Mémoires d’une jeune fille rangée&lt;/em&gt; si ce n’est que pour le thème de la révolte qui se fait sentir au fil des pages, à travers les lignes, au-delà du roman surtout. Ah! Si j’avais le talent de Simone… Il m’arrive souvent d’envier ces grands écrivains qui ont marqué l’Histoire. Moi, parce que je ne pourrai jamais être inscrite dans une anthologie littéraire, mais que j’ai un besoin quasi maladif de laisser ma trace, je m’invente un paquet de bribes fictionnelles que je raconte ici et là, je prends comme point de départ ma vie et extrapole ou alors je pars de la vie des autres pour essayer de mieux revenir à la mienne, souvent vainement puisque je me perds dans les drames, les joies et les fiertés des autres. Nous blaguions ma plante verte et moi jeudi dernier à propos de mes travaux universitaires que je dépose sur le dessus du bol de toilette à la résidence familiale en prenant la peine d’y coller un &lt;em&gt;post-it&lt;/em&gt; sur lequel on peut y lire : « lecture de toilette ». Le petit nom affectueux « plante verte », je ne sais pas si je vous en ai déjà glissé un mot, mais il désigne un certain Monsieur Laplante qui porte bien son nom, car il aspire le mauvais et il rejette le bon tous les jeudis après-midis. Bien dommage pour vous de ne pas le connaître et si vous le connaissez déjà, je vous emmerde profondément. C’est &lt;em&gt;ma&lt;/em&gt; plante verte et je tiens mordicus au pronom possessif et à tout le reste d’ailleurs. Ma plante verte : copyright Adèle B., 2010. Et que ce droit exclusif que je détiens soit bien clair. Compris? Pour le reste, copiez, copiez bande de tricheurs sans imagination! J’ai assez imité les autres dans mes vies, ma vie dis-je, que je ne me sens pas en droit de vous mettre des bâtons dans vos roues. Ma plante verte donc, je l’aime tellement, parce qu’il est vrai et que, moi, quand les gens sont vrais, j’ai envie d’au moins réfléchir à ce qu’on me dit. Sinon, je fais mon enfant sotte qui se bouche les oreilles à coups de «la-la-la» sonores. Jeudi passé, il a dit à propos de ces morceaux de moi qui gisent dans la salle de bain : «j’ai un peu de mal avec ça». Moi aussi j’ai un peu de mal avec ça, mais au fond, peut-être qu’il est là tout mon amour : sur un bol de toilette, stagnant. Parce qu’après tout, d'un bout à l'autre de mes réflexions scolaires, c’est toujours bien ma petite personne qui transparaît et que j’ose dévoiler. Et, entre vous et moi, le verbe « oser » revêt une importance particulière lorsqu'on s'appelle Adèle. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;"&gt;Tout cela me ramène à mon père qui, pas plus tard qu'hier soir, m'a dit à l'autre bout du fil: «j’ai pensé à toi ce soir; j’ai mangé ta soupe préférée ». Vous en connaissez beaucoup, vous, des papas qui voient leur fille dans leur soupe Won Ton? &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;"&gt;&lt;br /&gt;Nos amours sont en attente de partage dans ma famille. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3437959929116389571-3538679282143312732?l=symphonuit.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://symphonuit.blogspot.com/feeds/3538679282143312732/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3437959929116389571&amp;postID=3538679282143312732&amp;isPopup=true' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/3538679282143312732'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/3538679282143312732'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://symphonuit.blogspot.com/2010/05/etendue-sur-mon-lit-sur-le-ventre-car.html' title=''/><author><name>Adèle B.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05012353310218619139</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='14' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-arGt39gKIa8/TzG0WcPX-AI/AAAAAAAAAZw/69HLNJrS2Qg/s220/Visage.JPG'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3437959929116389571.post-460297180928689620</id><published>2010-05-02T12:27:00.000-07:00</published><updated>2010-05-02T13:41:27.011-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Travail thérapeutique'/><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;J’ai rêvé à vous et à moi. J’ai rêvé que je recevais un courriel de votre part et, comme d’habitude, je tournais autour du pot avant de l’ouvrir, tout d’un coup que je tomberais sur un «je ne sais plus du tout quoi faire avec vous », « franchement, je dois vous avouer que vous êtes un cas désespéré », tout d’un coup… Mais cette fois-ci, bien plus pire que tous mes scénarios envisagés, vous m’écriviez en quelques mots brefs, durs et impersonnels : « je prends ma retraite ». Pour être clair, vous l’étiez, mais je crois que je vous aurais préféré un peu plus flou pour que je puisse encore carburer à l’espoir, &lt;em&gt;je songe à re-traiter dans un futur plus ou moins proche&lt;/em&gt;, par exemple, une phrase suffisament ambiguë pour que je puisse créer autour d’elle, m’imaginer que peut-être votre départ n’est pas si si sûr. Non. À la place, quatre mots bien assumés : « je prends ma retraite », mots même pas destinés à moi, mais envoyés à l’ensemble de votre réseau social et à ma boîte de messagerie. C’est froid une boîte de messagerie, comme vous. C’est pourquoi cette dernière a si bien encaissé vos mots. Elle ne les a même pas envoyés dans la section « pourriels ». Moi aussi, je pense que ça ne m’a pas affecté, non, non. Pas une miette. C’est sans doute pourquoi je me suis empressée de vous écrire un message dans lequel je pestais contre vous, &lt;em&gt;vous auriez dû viser la liberté 22, comme ça, vous auriez pris votre retraite à 22 ans, je ne vous aurais jamais connu ou alors vous auriez été plus jeune que moi et j’aurais pu vous regarder de haut. Mais non, il a fallu que je reçoive un message, le même message envoyé à Ginette, Rose, Juliette et toutes les autres – mes félicitations pour la personnalisation! – alors que je suis ni Ginette, ni Rose, ni Juliette, que je n’ai pas de mari dont j’aimerais me débarrasser, ni de dépendance à un chien adoré que je bichonnerais matin, midi et soir à défaut d’avoir quelqu’un à mes pieds, que je ne croule pas sous les dettes, que je ne me morfonds pas sur mon triste sort de professionnelle étouffée dans un petit tailleur, non, non et non. Moi, je suis Adèle, j’ai vingt-trois ans, ni mari, ni amis proches, ni amants à l’horizon, bien épurée somme toute, et moi Adèle, je ne veux pas de ce message. &lt;/em&gt;Je ne suis pas affectée, je ne suis pas affectée du tout même, non, je ne regrette rien de mes propos qui, en fin de compte, n’arriveront jamais à destination, car je les garderai pour moi. Tout ça m’est bien égal. Piaf me vient en tête et avec elle, Madame B. que je visite et qui aime que je lui chante &lt;em&gt;Non, rien de rien, non, je ne regrette rien ! Ni le bien qu’on m’a fait, ni le mal ; tout ça m’est bien égal !&lt;/em&gt; Le jour où j’ai poussé la note un peu plus loin que d’ordinaire, elle m’a demandé : « vous êtes croisée avec Édith Piaf » ? comme on demande si un chien au tempérament difficile est croisé avec une race féroce. Madame B. a la maladie d’Alzheimer, mais a surtout une bonne dose de perspicacité… Elle m’avait sans doute vue comme je peux l’être trop souvent : semblable à une note un peu trop poussée. « Peut-être bien que je suis croisée avec Piaf », lui ai-je dit et dans son sourire et dans le mien il y avait un je-ne-sais-quoi de connivence et j’ai cru bon d’ajouter : «on ne peut rien vous cacher»… Parfois, il m’arrive de penser que je devrai à Madame B. et à toutes les Madame et Monsieur B. mon changement. Et parfois, il m’arrive d’être triste de penser que je n’aurai peut-être pas la possibilité de l’écrire en dédicace un jour, mais l’essentiel est peut-être que je continue à les porter en moi jusqu’à un éventuel mémoire de maîtrise où je pourrai les remercier, au moins, de m’avoir façonnée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La décharge de méchancetés que j’envoyais en votre direction, je l’ai gardée pour moi dans mon rêve. À la place, je vous ai écrit que j’aimais mille fois plus André Carpentier que vous en pensant que j’usais d’une arme de destruction massive qui avait fait ses preuves. Au matin, le seul et unique cours de création littéraire auquel j’ai daigné assister m’est revenu en tête et avec lui, professeur Carpentier. Je me rappelle surtout qu’après un an et demi de cours théoriques puisés dans le profil « perspective critique », sans doute parce que j’en étais venue à intégrer que j’avais l’œil critique à force de commentaires, &lt;em&gt;tu critiques tout, tout, tout&lt;/em&gt;, venant de la mère et qu’il me semblait qu’il fallait que je fasse de ma capacité d’analyse une future voie professionnelle sublimée (que sais-je?), après un an et demi, profondément saturée de théories, j’ai glissé à mon horaire, la semaine même de la rentrée scolaire, un cours de création. Il figura à mon agenda une semaine, le temps d’assister à une moitié de cours. « Je vous demanderais de vous présenter maintenant que nous sommes tous assis en cercle », a dit le professeur en ajoutant d’autres consignes qui m’ont aussitôt échappé. J’anticipais déjà le moment où j’aurais à aligner correctement deux mots.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Et vous Adèle ?&lt;br /&gt;- Rien à déclarer. (&lt;em&gt;Je m’imaginais à l’avance garée sur le côté après l’interrogatoire pour franchir la frontière&lt;/em&gt;)&lt;br /&gt;- Mais encore… D’où venez-vous ? Et où allez-vous ?&lt;br /&gt;- Je viens de très loin ; j’essaie de me rapprocher de moi.&lt;br /&gt;- Pour combien de temps ?&lt;br /&gt;- Pour toujours, si possible.&lt;br /&gt;- Et que traînez-vous avec vous ?&lt;br /&gt;- Ma personne. Cela suffit ?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;&lt;br /&gt;Et quand ce scénario fut trop mâché dans ma tête, je commençai à préparer un beau discours en sachant très bien qu’il ne me serait d’aucune utilité. &lt;em&gt;Moi, j’ai toujours pensé que j’écrivais mieux quand je ne pensais pas ou pas trop, que je laissais aller l’idée là où elle voulait bien m’emmener, qu’importe s’il fallait faire plusieurs détours pour y arriver, qu’importe aussi si je me perdais en chemin, le but étant d’avancer à l’instinct, sans barrières. Moi et moi en tête-à-tête en train de dialoguer. &lt;/em&gt;Et, évidemment, je ferais de moi une intellectuelle en citant Dubuffet à l’à-peu-près :« l’art ne vient pas coucher dans le lit que je lui ai fait pour lui. Non. Il se sauve aussitôt qu’on prononce son nom, parce que ce qu’il aime, c’est l’incognito. Ses meilleurs moments sont quand il oublie comment il s’appelle ». &lt;em&gt;Il faut peut-être être lâche pour écrire comme je le fais, pour laisser le travail intact, dans le presque cru, dans l’ardent qui vous prend tout entier, mais… &lt;/em&gt;Et je m’écouterais parler et aurais envie de recommencer du début en disant simplement : « Bonjour, moi c’est Adèle et j’attends la pause pour annuler ce cours », mais non, j’ai besoin de me réciter un grand discours pour me prouver, peut-être, que parfois il me passe des choses intelligentes dans la tête. Les étudiants n’en sauront rien, mais ce n’est pas grave. Juste un petit sous-entendu entre moi et moi. &lt;em&gt;J’écris comme si je m’invitais à penser à moi dans ce que je peux avoir de plus fragile sauf que je ne fais rien de cette fragilité, je ne m’en approche pas, je n’y touche pas. C’est pourquoi j’attends la pause pour annuler au plus vite ce cours, car vous me demanderez de retoucher à mes textes en cours de session, aussi bien dire de me retoucher et si je suis en faveur de la chirurgie esthétique en création, je crains de ne plus me reconnaître si les changements apportés sont trop radicaux. Non, ce n’est pas vrai. Je crois que je me raconte de belles histoires présentement… C’est plutôt que je ne suis pas prête à me regarder en face, je préfère les éternels dialogues entre deux parties de moi pas toujours compatibles. Le dénuement n’aimant pas trop s’allier à la force, la beauté et la laideur non plus.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3437959929116389571-460297180928689620?l=symphonuit.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://symphonuit.blogspot.com/feeds/460297180928689620/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3437959929116389571&amp;postID=460297180928689620&amp;isPopup=true' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/460297180928689620'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/460297180928689620'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://symphonuit.blogspot.com/2010/05/jai-reve-vous-et-moi.html' title=''/><author><name>Adèle B.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05012353310218619139</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='14' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-arGt39gKIa8/TzG0WcPX-AI/AAAAAAAAAZw/69HLNJrS2Qg/s220/Visage.JPG'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3437959929116389571.post-4412050901311140805</id><published>2010-04-24T18:14:00.000-07:00</published><updated>2010-04-24T19:04:11.130-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Travail thérapeutique'/><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;Je repensais à ce que vous m’aviez dit en début de séance… En fait, après mûre réflexion, je crois qu’aucun problème ne se pose si je dessine ou parle de mes mécanismes de défense et de leur utilité (bien au contraire), mais il reste que la prudence est de mise. C’est que je ne sais pas où se situe la limite entre m’en approcher pour qu’ils deviennent des matériaux riches à explorer et entrer de plein fouet dans mes défenses et être prise ultérieurement d’une angoisse sans nom qui pourrait se lire à peu près comme ceci, lorsqu’écrit à chaud :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Si j’entre de plein fouet dans mes défenses, je…»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’aurai peur et je devrai repartir avec ma peur dans la gorge ou dans la tête ou dans le ventre, je ne saurai même pas la situer. &lt;em&gt;C’est de sa faute, il ouvre des portes et il n’est même pas capable de les refermer. Je viens d’être mise dehors, menteuse Adèle!, je me suis moi-même mise dehors. J’avais oublié, il faut croire, l’affiche imaginaire sur la porte de son bureau : « soutien pendant une heure, après, soutenez-vous vous-même et si vous êtes trop lâche pour y arriver, écroulez-vous en pièces détachées ». Ah, ah, ah, ah, ah! Qu’est-ce que je me bidonne… Moi, je veux une garantie, si j’étais un peu plus bête, j’accrocherais le premier venu sur la rue et lui dirais : vous, vous êtes quelqu’un de bien, n’est-ce pas? Vous, vous serez toujours là? C’est sûr avec vos yeux qui prennent la forme de l’adjectif « inconditionnel » lorsque vous me regardez, c’est sûr, ça ne peut pas tromper.&lt;/em&gt; &lt;em&gt;Et voilà qu’un dialogue entre lui et moi s’ouvrirait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;em&gt;-Oh? Vous êtes obstétricien! Les césariennes, vous les faites sans anesthésie, vous?&lt;br /&gt;-Sans anesthésie! Êtes-vous folle?&lt;br /&gt;-Non, mais pas loin.&lt;br /&gt;-Vous en connaissez beaucoup des professionnels qui font ça sans geler leurs patientes?&lt;br /&gt;-Bien… J’en connais au moins un. C’est pas tout à fait un obstétricien comme vous là… Je veux dire, il n’a pas le titre. Disons qu’il aide à l’accouchement de soi, mais revenons à vous si vous le voulez bien, de toute manière, vous êtes tellement plus intéressant que lui. Vous Monsieur, quand vous ouvrez le ventre de la personne qui souffre devant vous, laissez-vous l’entaille grande ouverte, à vif, juste pour voir de quoi a l’air votre patiente une fois mise à nu?&lt;br /&gt;-J’ai vu plus qu’un intérieur dans ma pratique…&lt;br /&gt;-Ah! Mais lui aussi, vous savez… Et puis, vous, quand vous ouvrez l’intérieur de quelqu’un, mettez-vous des gants blancs? Supposons que vous avez une femme devant vous dont vous devez prendre soin... Prenez-vous les grands moyens, je veux dire, arrivez-vous avec la grande artillerie et puis, pif paf dans le ventre ou si vous prenez le temps pour qu’en la quittant, elle ne vous en veuille pas à l’infini sans même connaître la raison d’un tel sentiment?&lt;br /&gt;-J’essaie, du mieux que je peux, mais même avec tout mon bon vouloir Mademoiselle, il arrive certaines fois où je dois me rendre à l’évidence que j’ai brusqué les choses et actuellement, j’ai l’impression qu’on vous a brusquée.&lt;br /&gt;-Brusquée! Vous dites! Encore étonnant que je ne me sois pas vidée de tout mon sang : cet obstétricien qui ne mérite même pas de nom a mis à découvert la peur que j’ai dans le ventre et maintenant, je suis à ce point ouverte que j’absorbe le monde entier et je crains de tomber dans un gouffre. Parce qu’à l’instant où je vous adresse la parole, je suis très triste ou vide ou seule ou insipide ou toutes ces réponses ou aucune de ces réponses, mais j’ai peur, j’ai aussi peur Monsieur que… Fermez les yeux Monsieur et imaginez que vous êtes un petit garçon tout perdu qu’on a flanqué à la maternelle et depuis votre arrivée, vous vous faites marteler les oreilles par votre professeure qui vous dit qu’elle n’a pas juste vous à s’occuper, qu’elle ne sait plus quoi faire avec vous ce matin et tous les autres matins, que vous pourriez au moins réserver votre crise à votre maman, dans son auto, parce que ce n’est pas à elle d’endurer ça. Et elle terminerait son sermon en vous obligeant à aller vous asseoir avec les autres enfants et surtout, à arrêter de pleurer, parce que ça importune les autres. Ouvrez les yeux, Monsieur. Êtes-vous angoissé, là? Êtes-vous angoissé autant que moi?&lt;br /&gt;-Non, mais à m'imaginer l'image qui vous vient en tête, je peux comprendre toute la nature de votre angoisse... Je m’appelle Patrice et vous?&lt;br /&gt;-Patrice? Pas Patrice vous aussi! J’aurai désormais l’impression de parler à mon obstétricien, enfin, pas vous, le faux. Écoutez Patrice, pour dire vrai, là, je suis en train de me demander si j’ai une existence propre où si ma seule existence est ce que vos prunelles me reflètent. C’est que mon angoisse m’a anesthésiée au grand complet. Alors pour ce qui est de mon nom…&lt;br /&gt;-Justement, votre nom, c’est tout un monde, c’est le vôtre.&lt;br /&gt;-Oui, mais pour l’instant, à cette heure bien précise, mon nom contient beaucoup trop de mondes. J’ai perdu mon axe. Est-ce que je peux déposer ma tête sur votre épaule? Yeux clos, je m’imaginerais que le banc sur lequel nous sommes assis est en fait une immense balançoire et mon angoisse innommable s’endormirait, loin de moi, très loin de moi, tellement loin…&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;(Je me serais endormie entre ma dernière syllabe et la première syllabe de sa réponse.)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3437959929116389571-4412050901311140805?l=symphonuit.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://symphonuit.blogspot.com/feeds/4412050901311140805/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3437959929116389571&amp;postID=4412050901311140805&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/4412050901311140805'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/4412050901311140805'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://symphonuit.blogspot.com/2010/04/je-repensais-ce-que-vous-maviez-dit-en.html' title=''/><author><name>Adèle B.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05012353310218619139</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='14' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-arGt39gKIa8/TzG0WcPX-AI/AAAAAAAAAZw/69HLNJrS2Qg/s220/Visage.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3437959929116389571.post-7951560868118100863</id><published>2010-04-18T14:28:00.000-07:00</published><updated>2010-04-19T09:32:34.851-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='sous le toit familial'/><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;Winnicott serait fier qu'une étudiante ait si bien intégré et appliqué son concept de Faux Self. J'ai hâte d'avoir sous les yeux ce travail pour voir où j'ai bien pu perdre un point, un seul petit point. Et pour lire aussi les commentaires, &lt;em&gt;vous avez très bien assimilé la matière &lt;/em&gt;et patati et patata. C'est facile d'assimiler un contenu qui me colle à la peau. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;Plutôt que de me promener dans la maison familiale pour faire part à quelqu'un de ce résultat, j'aurais mieux fait d'écrire en rouge (question de visibilité) un énorme 97% pour ensuite laisser la feuille sur le dessus du siège de toilette... Au moins, j'aurais eu la certitude qu'on le remarque et, me connaissant, j'aurais cultivé l'espoir que l'on revienne sur le sujet par autre chose que &lt;em&gt;On a une psychologue dans la famille&lt;/em&gt;! &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;Peut-être étaient-ils trop préoccupés par ce médicament avec codéine — mon Dieu, le mot qu'il ne fallait pas prononcé à table! — que l'on m'a prescrit, car depuis la fin de la semaine dernière j'ai un mal de tête à la hauteur des sinus qui est difficilement supportable. Codéine! Un dérivé de la morphine! Sédatif qui peut être utilisé pour contrer l'insomnie et l'anxiété! Mon Dieu! J'ai eu beau leur dire que ma prise de sang d'il y a quelque temps montrait déjà une infection, rien à faire. Lorsque ce n'était pas ma mère qui me déballait de belles théories complètement décollées de ce que je lui disais, &lt;em&gt;c'est que tu passes trop de temps devant l'ordinateur, ça assèche le nez&lt;/em&gt;, et qui me proposait ses petits pots et vaporisateurs homéopathiques, c'est mon père, complètement incrédule, qui faisait des recherches sur Internet pour en savoir plus sur le médicament et qui avait possiblement en tête sa soeur anxieuse, parce qu'elle utilise le médicament avec codéine de son mari pour soulager des douleurs depuis que son médecin refuse de lui en prescrire de peur qu'elle en devienne dépendante. J'ai dit à ma mère qu'il faudrait que j'aille voir le médecin pour avoir un antibiotique, mais que mes moments libres se faisaient rares ces temps-ci, elle s'est énervée, m'a lancé qu'il ne fallait pas que je tarde; mon père qui a attrapé une bribe de conversation m'a demandé pour quelles raisons je voulais un antibiotique, je lui ai rappelé que je faisais une sinusite, &lt;em&gt;une si-nu-si-te daddy,&lt;/em&gt; il m'a relancé en me disant que ce n'était pas nécessaire,&lt;em&gt; j'en ai souvent eu, pis des grosses en plus, pis j'ai jamais pris ça&lt;/em&gt;. Bref, la morale de cette saga familiale : il est préférable de ne rien dire. Même si j'avais dit et redit à mon paternel que j'utilise ce médicament seulement pour diminuer la douleur au-dessus de mes yeux, que non, je ne commence pas à me droguer avec des pilules, que je n'en ai nullement besoin pour dormir, que je ne suis pas le portrait tout craché de ma tante anxieuse, que l'anxiété, ce n'est pas quelque chose que je connais contrairement à l'angoisse existentielle, et ce, même en fin de session, quand bien même je lui aurais dit tout cela, il serait resté sceptique. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;Tous ses éléments réunis ensemble auraient suffi à ce que je les couvre tous les deux de bêtises, que je les remercie très faussement de leur confiance et que je claque la porte pour retourner chez moi, mais je me suis dit que ce mal de tête interprété tout croche et cette colère de profonde déception auraient aussi bien pu suffirent à ce qu'ils voient là des comportements symptomatiques et j'aurais été d'autant plus blessée de cette explication erronée. À la place, j'ai implosé et je vous ai écrit ce monologue intérieur, parce que je vous sais plein d'empathie. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;Adèle&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;P.-S. Merci de faire de votre boîte de messagerie un dépotoir à trop-pleins, Monsieur le thérapeute.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:Trebuchet MS;font-size:85%;color:#660000;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;span style="font-family:Trebuchet MS;font-size:85%;color:#660000;"&gt;* * * &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:Trebuchet MS;font-size:85%;color:#660000;"&gt;Merci Adèle de ce message, &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:Trebuchet MS;font-size:85%;color:#660000;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:Trebuchet MS;font-size:85%;color:#660000;"&gt;Si, au moins, de savoir que je suis là, pour toi, te lire dans ces moments "d'implosion", permet de diminuer la colère (de l'entendre aussi), c'est avec plaisir que je t'offre cet espace .. ce dépotoir à trop-pleins!&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:Trebuchet MS;font-size:85%;color:#660000;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:Trebuchet MS;font-size:85%;color:#660000;"&gt;P.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="left"&gt;&lt;span style="font-family:Trebuchet MS;font-size:85%;color:#660000;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3437959929116389571-7951560868118100863?l=symphonuit.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://symphonuit.blogspot.com/feeds/7951560868118100863/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3437959929116389571&amp;postID=7951560868118100863&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/7951560868118100863'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/7951560868118100863'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://symphonuit.blogspot.com/2010/04/message-envoye-dans-le-depotoir-du.html' title=''/><author><name>Adèle B.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05012353310218619139</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='14' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-arGt39gKIa8/TzG0WcPX-AI/AAAAAAAAAZw/69HLNJrS2Qg/s220/Visage.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3437959929116389571.post-4058056545984783018</id><published>2010-04-11T17:59:00.000-07:00</published><updated>2010-04-11T18:17:58.471-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='thérapie'/><title type='text'>La porte de sortie</title><content type='html'>&lt;a href="http://www.psycho-swiers.be/images/ImagesAS/tete.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 227px; DISPLAY: block; HEIGHT: 225px; CURSOR: hand" border="0" alt="" src="http://www.psycho-swiers.be/images/ImagesAS/tete.jpg" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;div&gt;&lt;a href="http://www.psycho-swiers.be/images/ImagesAS/tete.jpg"&gt;&lt;/a&gt;&lt;div&gt;&lt;a href="http://www.psycho-swiers.be/images/ImagesAS/tete.jpg"&gt;&lt;/a&gt;&lt;div&gt;&lt;div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;En développant sur la colère, j’essayais de me dépatouiller pour ne pas avoir à m’approcher de moi, je lui confiais combien je craignais ces accès-là chez les autres, que je ne pouvais les gérer, que j’avais peur, peur, peur et plus je répétais ce mot, plus je prenais les airs de l’épouvante avec mes mèches de cheveux roulées subitement avec frénésie autour de mon index et ce trémolo du ventre qui se ressentais jusque dans ma voix. C’est à croire que sitôt que je dis un mot, je le vis...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À mon souvenir, c’est le dernier mot que j’ai prononcé : peur. J’avais soudainement si peur que ce n’était plus ma gorge qui pleurait et lui, il ne disait rien, parce que cette angoisse-là est préverbale et que les paroles n’étaient plus d’aucune utilité. Il me regardait avec ma petite peine qu’il avait accrochée au coin de ses yeux et moi, je fuyais ce regard de peur de vouloir m’y loger à tout jamais. &lt;em&gt;Je ne veux pas de votre empathie, je ne veux pas de tout cela, reculez-vous dans votre fauteuil, tournez-vous dos à moi, dites-moi n’importe quoi de profondément laid, mais ne me regardez pas comme cela&lt;/em&gt;. Et puis, alors que je fixais le plancher, le plafond, la fenêtre, la plante à la recherche d’un détail qui me permettrait de faire diversion, je suis tombée sur l’horloge et me suis exclamée, &lt;em&gt;subito presto&lt;/em&gt;, les yeux mouillés, mais pétillants : « 15 h 30! Je dois partir »!&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3437959929116389571-4058056545984783018?l=symphonuit.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://symphonuit.blogspot.com/feeds/4058056545984783018/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3437959929116389571&amp;postID=4058056545984783018&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/4058056545984783018'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/4058056545984783018'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://symphonuit.blogspot.com/2010/04/la-porte-de-sortie.html' title='La porte de sortie'/><author><name>Adèle B.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05012353310218619139</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='14' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-arGt39gKIa8/TzG0WcPX-AI/AAAAAAAAAZw/69HLNJrS2Qg/s220/Visage.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3437959929116389571.post-7263668244425969727</id><published>2010-04-10T14:54:00.000-07:00</published><updated>2010-04-11T05:38:01.709-07:00</updated><title type='text'>Walt Disney devant la maison</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_qLvd9NDNgng/S8D33O4-lsI/AAAAAAAAAQ4/SjVV5aziAU8/s1600/Walt+Disney.jpg"&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;Huit ans pile-poil. Moi, avec ma canadienne sur le dos, manteau propre porté seulement le dimanche pour aller à la messe – à ma plus grande déception - car la porter durant la semaine aurait de toute évidence donné une autre occasion à ma professeure de me flatter de sa voix magique en me disant: « mais comme tu es belle ma petite Adèle, une vraie petite princesse », moi donc, avec ma canadienne sur le dos, j’attendais que maman prenne une photo. C’est que ce matin-là, je ne me suis jamais réveillée : Disneyland était déménagé chez moi, mieux, notre maison de banlieue prenait des airs de royaume, les personnages de mes films mille fois vus s’étaient enracinés dans notre pelouse. Certains, le jour de leur anniversaire, ne voient plus leur terrain vert, mais bien rose, rose flamants roses ; moi je voyais le mien couleur féérie. Le rêve désormais à portée de la main, il fallait que je m’habille au plus vite pour me fondre dans le décor, devenir à mon tour un personnage en déterrant une des princesses pour m’y substituer, la plus charmante d’entre elles, celle dont le prénom à lui seul égale sa beauté : &lt;em&gt;Belle&lt;/em&gt;. C’est à l'instant où j’enlaçais la &lt;em&gt;Bête&lt;/em&gt; de mes deux bras que maman a décidé d'immortaliser ce moment que j'ai maintenant sous les yeux. Elle n’a pas eu besoin de me demander de sourire, j’avais déjà les coins de la bouche remontés jusqu’au ciel, les zygomatiques étirés comme plus que jamais. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;Huit ans et un sourire trop forcé, «à la limite de», ce même sourire que je traîne encore aujourd’hui à l’aube de mes vingt-trois ans.&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3437959929116389571-7263668244425969727?l=symphonuit.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://symphonuit.blogspot.com/feeds/7263668244425969727/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3437959929116389571&amp;postID=7263668244425969727&amp;isPopup=true' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/7263668244425969727'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/7263668244425969727'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://symphonuit.blogspot.com/2010/04/huit-ans-pile-poil.html' title='Walt Disney devant la maison'/><author><name>Adèle B.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05012353310218619139</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='14' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-arGt39gKIa8/TzG0WcPX-AI/AAAAAAAAAZw/69HLNJrS2Qg/s220/Visage.JPG'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3437959929116389571.post-69270101630224899</id><published>2010-04-04T19:00:00.000-07:00</published><updated>2010-04-04T19:26:11.885-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='thérapie'/><title type='text'></title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_qLvd9NDNgng/S7lHGBphvzI/AAAAAAAAAQI/--_iQEIrx8E/s1600/TRICOT.gif"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 140px; DISPLAY: block; HEIGHT: 200px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5456470592383467314" border="0" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_qLvd9NDNgng/S7lHGBphvzI/AAAAAAAAAQI/--_iQEIrx8E/s200/TRICOT.gif" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;J’ai refermé la porte de son bureau et je me suis sentie tout d’un coup infiniment petite, j’aurais voulu revenir dans ses bras, sur mes pas dis-je, mais non. J’ai marché, la tête encrassée de culpabilité, jusqu’au café Internet le plus proche et devant un écran aussi froid que moi je peux l’être parfois, je lui ai écrit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Je tiens à vous envoyer ce débris. Pas pour qu’il soit commenté, mais juste pour qu’il &lt;em&gt;soit&lt;/em&gt;, parce que ma cage thoracique, à elle seule, ne peut le contenir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Je vais voler les mots d’une petite fille qui disait à l’approche du départ de sa mamie vers un pays lointain : “j’ai la gorge qui pleure un peu”. Quand j’ai abouti dans le bureau de cette seconde thérapeute, après un an de lassitude passé sur un fauteuil en cuirette froide à me faire psychanalyser des rêves à moitié vrais, à moitié faux et après une aussi longue période de vagabondage d’une clinique à l’autre pour me rendre à l’évidence qu’on pouvait tout vous prescrire sauf de l’affection, j’ai pris les grands moyens en lui parlant d’une Adèle inventée de toutes pièces. J’ai pensé : “Je vais lui en mettre tellement plein les yeux, je vais beurrer tellement épais qu’elle ne pourra qu’être touchée et je serai, par ricochet, un peu consolée de savoir que je réussis à jouer dans les cordes sensibles de quelqu’un même si tout ce que je dis est tellement éloigné de ma réalité, parce que je ne suis rien d’autre qu’une mosaïque d’histoires de vie empruntées ici et là pour ne pas dire fabriquées au grand complet, l’exemple par excellence de la fable du petit garçon qui criait au loup, un plagiat intégral sur deux jambes, aussi bien dire un personnage”&lt;/em&gt;».&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:Trebuchet MS;font-size:85%;color:#660000;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:Trebuchet MS;font-size:85%;color:#660000;"&gt;Je n'ai pas su développer davantage. Sans doute en avais-je déjà trop dit.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3437959929116389571-69270101630224899?l=symphonuit.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://symphonuit.blogspot.com/feeds/69270101630224899/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3437959929116389571&amp;postID=69270101630224899&amp;isPopup=true' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/69270101630224899'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/69270101630224899'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://symphonuit.blogspot.com/2010/04/jai-referme-la-porte-de-son-bureau-et.html' title=''/><author><name>Adèle B.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05012353310218619139</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='14' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-arGt39gKIa8/TzG0WcPX-AI/AAAAAAAAAZw/69HLNJrS2Qg/s220/Visage.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_qLvd9NDNgng/S7lHGBphvzI/AAAAAAAAAQI/--_iQEIrx8E/s72-c/TRICOT.gif' height='72' width='72'/><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3437959929116389571.post-5242695289260298004</id><published>2010-03-17T10:17:00.000-07:00</published><updated>2010-03-17T10:27:04.460-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Faux de A à –  presque – Z'/><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;On frappe à la porte. Un jeune homme m’attend avec une mallette.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Bonjour Madame… (&lt;em&gt;Je l’interromps&lt;/em&gt;)&lt;br /&gt;- Allô, allô! Dites-moi Monsieur, ça vous dérangerait si je vous demandais de passer le pied de ma porte? C’est que je tiens à garder le peu de chauffage que j’ai pour moi; j’ai assez donné pour l’extérieur… &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;&lt;em&gt;Je m’en balance bien de ce qu’il a à me vendre, mais je suis incapable de lui dire d’emblée que je ne suis pas intéressée donc je m’apprête à l’écouter jusqu’au dernier mot. L’amour non réciproque et les vendeurs, c’est du pareil au même. Je devrais commencer par fixer mes limites avec les fatigants qui font du porte-à-porte; j’arriverais peut-être ensuite à le faire à plus grande échelle.&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Visiblement mal à l’aise en voyant d’un seul coup d’œil l’étendue de mon chez-moi et le dépouillement quasi total de la pièce, je prends les devants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Faut pas se fier aux apparences… Je suis très bien ici entourée de mes livres et de mes tableaux. Et puis, moi, j’ai un lit et même des meubles en surplus : une commode grandeur «pour nains», une table pour travailler, pour quand je veux avoir l’air sérieuse, mais la plupart du temps depuis quelques jours, je «travaille» dans mon lit, au chaud. C’est que j’ai fait un don pour Haïti, pour ceux qui vivent dans la misère, vous savez, et je n’ai pas envie de mettre ma prochaine facture d’Hydro-Québec sur ma carte &lt;em&gt;Mastercard&lt;/em&gt;, faute d’avoir de quoi payer, alors je tiens la température de la pièce au plus bas.&lt;br /&gt;- Je vois, je vois… (&lt;em&gt;Ne sachant quoi dire&lt;/em&gt;) J’aime votre Pollock, là-bas.&lt;br /&gt;- Ah, ça, c’est pas un Pollock, c’est un Bertrand. Un Adèle Bertrand. C’est moi qui l’ai fait. Quand je veux me défouler, j’installe mon rideau de douche au sol – enfin, un vieux rideau – et je décapite la toile. (&lt;em&gt;Gestes à l’appui&lt;/em&gt;)&lt;br /&gt;- (&lt;em&gt;Décontenancé&lt;/em&gt;) Écoutez, je dois partir...&lt;br /&gt;- Ah! J’ai cru que vous aviez sonné chez moi non pas pour une visite-éclair, pour vous assurer que l’ermite que je suis était toujours en vie, qu’elle s’était alimentée, bien ou mal, mais qu’elle s’était alimentée (quand je ne semble plus savoir où me placer dans mon corps qui déborde, c’est signe que j’ai mangé, mangé autre chose que mes émotions), mais plutôt pour me vendre quelque chose, la jeunesse éternelle en élixir ou une cure thérapeutique miracle, que sais-je! Je pourrais peut-être vous offrir un verre pour que vous restiez encore un peu, un verre de… de jus Oasis, parce que je ne tiens pas d’alcool ici, parce que je me soucie de la santé des autres aussi, parce que, mine de rien… Je me sens terriblement seule. Vous l’ai-je dit, Monsieur? &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;color:#660000;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;color:#660000;"&gt;&lt;br /&gt; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;color:#660000;"&gt;Monsieur?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3437959929116389571-5242695289260298004?l=symphonuit.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://symphonuit.blogspot.com/feeds/5242695289260298004/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3437959929116389571&amp;postID=5242695289260298004&amp;isPopup=true' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/5242695289260298004'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/5242695289260298004'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://symphonuit.blogspot.com/2010/03/on-frappe-la-porte.html' title=''/><author><name>Adèle B.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05012353310218619139</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='14' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-arGt39gKIa8/TzG0WcPX-AI/AAAAAAAAAZw/69HLNJrS2Qg/s220/Visage.JPG'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3437959929116389571.post-8491896394508125614</id><published>2009-11-29T10:32:00.000-08:00</published><updated>2009-11-29T17:47:24.310-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dans ma tête de linotte'/><title type='text'>Le céleri a un goût de bonbon et vice-versa</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_qLvd9NDNgng/SxLCAfkJUDI/AAAAAAAAAME/msdlPEcrkd8/s1600/53165_5.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 320px; DISPLAY: block; HEIGHT: 250px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5409599416154279986" border="0" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_qLvd9NDNgng/SxLCAfkJUDI/AAAAAAAAAME/msdlPEcrkd8/s320/53165_5.jpg" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_qLvd9NDNgng/SxK_bFHexJI/AAAAAAAAAL8/JzI4Sucs1-4/s1600/53165_5.jpg"&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;- Vas-tu mettre du piquant à mon anniversaire comme l’an passé ? &lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_qLvd9NDNgng/SxK_HrEiflI/AAAAAAAAAL0/TLk5_-Ty5wQ/s1600/53165_5.jpg"&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;- Mettre du piquant ?&lt;br /&gt;- Si je te dis « céleri », ça te rappelle quelque chose?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Arrière-goût soudain du légume en tête ou en bouche, ce qui revient au même. Mois de juin caniculaire. Dans un chalet près de la rivière Maskinongé. Entourée d’amis; si bien, &lt;em&gt;trop&lt;/em&gt; bien pour ne pas tout foutre en l’air.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Le céleri, c’est le parent pauvre du frigo. C’est comme de dire : « je suis le parent pauvre de mes parents ». C’est pauvre, ce que je dis là, mais ça m’attriste les pauvres parents et les céleris négligés et tout ce que l’on néglige dans la vie et puis, merde, le vin rouge m’afflige. « Tout m’afflige et me nuit, et conspire à me nuire», me voilà aussi tragique que Phèdre, bientôt victime de mes pulsions, bientôt ou déjà en plein registre pathétique. J’ai décidé que je continuerais à trinquer, mais cette fois-ci, je trinquerai au céleri avec vous et Breton m’accompagnera : « une branche à la fois, ô mon Dieu, c’est tout ce que je demande »…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Une branche à la fois », oui. Manger en hystérique. Ne pas la laver au préalable, la manger sale. Remplir un vide.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Adèle, ça fait vraiment beaucoup de branches que tu manges en peu de temps… Si j’étais toi…&lt;br /&gt;- Justement, tu n’es pas moi et, à ce que je sache, je suis majeure.&lt;br /&gt;- Oui, oui, mais c’est juste que…&lt;br /&gt;- J’ai décidé de… de renouer avec le céleri ! Et quand je renoue, je fais ça en grand. Alors, laisse-moi faire, tu veux ?&lt;br /&gt;- …&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne veux pas avoir de classe. Je veux être gloutonne, revenir à la source de notre rencontre, le céleri et moi, quand j’ai eu treize ans et qu’en soufflant les chandelles de mon gâteau, j’ai souhaité disparaître avec les flammes. Le céleri et ses doux chuchotements m’ont consolée : «abuse de moi, je ne contiens rien».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[Tous les chemins – sauf le céleri – mènent à la femme.]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n’ai pas de fond. L’acte de manger en est un que je désapprends par cœur. Il a fallu qu’il ne me reste que le pied du céleri au creux de la main pour que je réalise tout ce que j’avais englouti, pour qu’un malaise certain me gagne. Sans doute que cette gêne abdominale était déjà présente bien avant ce moment, mais ce n’est pas toujours la tête qui porte l’aliment à la bouche ; le vide du ventre s’en charge bien souvent et avec lui, l’impossibilité d’être connectée à soi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’amie prévoyante, qui depuis tantôt, regarde la scène d’un air dérouté, renchérit :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Adèle, tu es blanche… Tu es sûre que ça va ? Tu sais que tu viens de prendre beaucoup, beaucoup de fibres ?&lt;br /&gt;- Non seulement, je le sais, mais maintenant au moins, je peux dire que je suis riche en quelque chose… Riche en fibres ! C’est toujours bien ça de gagné…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À peine un quart d’heure plus tard, le visage couleur céleri, je me tortille sur la chaise, ne trouvant plus aucune position un tant soit peu confortable. Je m’installe sur le divan, les jambes relevées sur le bras du fauteuil. Il m’apparaît évident que mes organes sont totalement dominés par le méchant légume, car rien ne se produit en ma faveur : ni mouvements d’intestins, ni poussées vers la bouche. Je balade ma main sur mon ventre gonflé, question de dégager un petit espace pour pouvoir respirer normalement, en vain. &lt;em&gt;Enlevez-moi ce céleri du ventre, accouchez-moi par césarienne, le Vide m’a engrossé et je suis rendue à terme d’un céleri après neuf minutes de grossesse. Découpez-moi le ventre d’urgence que ma peau reste marquée de ma folie, que j’aie une connerie de plus à raconter à mes enfants plus tard : «vos contractions de petits bébés n’étaient rien en regard des contractions du méchant céleri ». La filiation me vient toujours en tête quand je me pense à l’agonie. Quand ce n’est pas Adèle junior qui me vient à l’esprit, c’est toi maman qui accapare mes pensées. Tu te manifestes toujours dans des moments comme ceux-là, des moments aux effluves de fin du monde et j’ai envie de te maudire de m’avoir élevée dans la privation, d’avoir fait de moi une excessive à trop user de restrictions. Te rappelles-tu la fois où nous étions parties de l’Ouest de l’île pour aller à la confiserie «Oscar» sur la Plaza Saint-Hubert ? Je n’ai tellement pas compris – je ne le comprends toujours pas, d’ailleurs – ce soudain relâchement de ta part, moi qui n’avais pas le droit de toucher à des bonbons, moi à qui tu donnais, toute petite, des suçons emballés que je te redonnais aussitôt vue l’absence de goût. Tu étais pleine de bonnes intentions pourtant, tu prenais même grand soin de découper avec des ciseaux les coins de l’emballage pour qu’ils ne me fendent pas l’intérieur des joues. Dans mes premières années de vie, j'ai donc pensé que les suçons, ça n’avait pas de goût, que les suçons, ça goûtait l’emballage. Ce jour-là, dans la voiture en direction du paradis rêvé des enfants, je te disais à quel point tu étais la plus gentille des mamans de la Terre et même au-delà de la Terre et comme trop souvent, tu me disais de me la fermer, qu’avec moi, le qualificatif «gentille» alternait toujours avec « méchante » et qu’il valait mieux que je me taise puisque tu n’y croyais pas. Une fois sur place, tu insistais pour que je prenne tous les bonbons en vrac que je voulais. Des gros, des petits, des ronds, des rouges, verts, bleus, mauves, sucrés, surs, oui, c’est bel et bien tout cela que j'ai rejeté dans le bol à côté de mon lit le soir venu. Papa, qui entrait à son heure habituelle, 21 heures, n’a pas daigné venir me voir, sans doute sentais-je le vomi à des kilomètres à la ronde. Il s’est contenté de ton explication: «j’espère que ta fille a appris sa leçon ! Elle a mangé des poignées de bonbons cet après-midi et maintenant, elle n’en finit plus d’être malade».&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Le céleri a un goût de bonbon et vice-versa.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3437959929116389571-8491896394508125614?l=symphonuit.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://symphonuit.blogspot.com/feeds/8491896394508125614/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3437959929116389571&amp;postID=8491896394508125614&amp;isPopup=true' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/8491896394508125614'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/8491896394508125614'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://symphonuit.blogspot.com/2009/11/le-celeri-un-gout-de-bonbon-et-vice.html' title='Le céleri a un goût de bonbon et vice-versa'/><author><name>Adèle B.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05012353310218619139</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='14' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-arGt39gKIa8/TzG0WcPX-AI/AAAAAAAAAZw/69HLNJrS2Qg/s220/Visage.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_qLvd9NDNgng/SxLCAfkJUDI/AAAAAAAAAME/msdlPEcrkd8/s72-c/53165_5.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3437959929116389571.post-651890111310083589</id><published>2009-11-15T08:26:00.000-08:00</published><updated>2009-11-15T20:05:26.425-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Fantasme'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dans ma tête de linotte'/><title type='text'>Madame Christine</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;- Monsieur, vous devez réajuster votre correction. C’est impensable d’avoir une moyenne de 62% à un examen de mi-session !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’unanimité acquiesce.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Non, je ne pense pas qu’il y ait d’ajustement à faire. Vous savez, en psychologie, la note de passage est de 50% et puis il y a tout de même trois personnes qui ont eu au-dessus de 90% dont une qui a eu 100.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un peu plus et il révélait l’identité cachée derrière le «une», l’étudiante discrète de la seconde rangée, celle qui a triché parce qu’avec sa mémoire photographique, elle assiste à l’examen avec tous les documents &lt;em&gt;PowerPoint &lt;/em&gt;de l’enseignant qu’elle passe en revue dans sa tête. Elle se remémore les histoires qu’elle s’est fabriquées pour retenir toute la matière, recopie les calligrammes et les acronymes qu’elle a inventés dans la marge du questionnaire. L’ouvrage théorique en tête, c’est ce qu’on appelle « passer une évaluation à livre ouvert ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Distribution des copies. Bien lovée dans le confort de mes pensées, j’attends qu'on déroule le tapis rouge et qu’on appelle «Tout Bon» pour me lever. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;br /&gt;- Tout le monde a reçu sa copie ?&lt;br /&gt;- Non, Monsieur. &lt;em&gt;Immense malaise à devoir faire trois pas jusqu’à l’enseignant pour récupérer mon examen. Tout d’un coup que je trébuche dans les fleurs de mon tapis imaginaire, tout d’un coup qu’il me demande de faire un témoignage sur la rétention de l’information, tout d’un coup que «Tout Bon» m’empêche de me souvenir de mon petit nom, tout d’un coup que…&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;BERA13538706 : 65/65. Déception de n’être qu’un code permanent. Moi qui m’attendais à un « ma très chère Adèle, ta discrétion n’a d’égale que ton savoir théorique » accompagné d’un millier d’étoiles de toutes les couleurs collées un peu partout sur ma copie. Non. Rien de tout cela. Il n’y avait que Madame Christine au primaire pour tapisser mes cahiers de collants, pour m’écrire des gentillesses à n’en plus finir et pour m’inviter chez elle. Couronnée reine des dictées, j’avais passé tout le dîner à la fixer, remplie d’une admiration malsaine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Adèle, tu n’as pas touché à ton assiette. Tu n’aimes pas ce que je t’ai préparé, dis-moi?&lt;br /&gt;- Oui, oui, Madame, mais je vous aime encore plus que le spaghetti.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;M’inventer au plus vite un tête-à-tête avec Madame Christine, les coudes déposés sur la table, les mains fermées en poings de part et d’autre de mon visage, le pourtour des lèvres taché du colorant bleu de son gâteau, l’écoutant me dire &lt;em&gt;ad nauseam&lt;/em&gt; : « tu sais que je suis fière de toi, ma petite Adèle».&lt;/span&gt; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3437959929116389571-651890111310083589?l=symphonuit.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://symphonuit.blogspot.com/feeds/651890111310083589/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3437959929116389571&amp;postID=651890111310083589&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/651890111310083589'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/651890111310083589'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://symphonuit.blogspot.com/2009/11/madame-christine.html' title='Madame Christine'/><author><name>Adèle B.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05012353310218619139</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='14' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-arGt39gKIa8/TzG0WcPX-AI/AAAAAAAAAZw/69HLNJrS2Qg/s220/Visage.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3437959929116389571.post-7631026839740075340</id><published>2009-11-08T09:43:00.000-08:00</published><updated>2010-04-11T13:13:51.983-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='brouillon'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Fond de tiroir'/><title type='text'>Ironie du sort</title><content type='html'>&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_qLvd9NDNgng/SvcGUV7PCFI/AAAAAAAAALk/RjZ3_pjSWDM/s1600-h/fee+brindille.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 320px; DISPLAY: block; HEIGHT: 301px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5401793224606943314" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_qLvd9NDNgng/SvcGUV7PCFI/AAAAAAAAALk/RjZ3_pjSWDM/s320/fee+brindille.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;&lt;em&gt;Rapport mensuel, septembre 1992 : Ne répond pas aux critères.&lt;br /&gt;À la consigne «dessine-toi», a fait un âne. Au tracé du chiffre 8, a dessiné un bonhomme de neige. Aux périodes de récréation à l’extérieur, a tourné en rond en suivant des yeux les lignes blanches au sol.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Louisette m’avait accueillie comme tous les matins avec son sourire moqueur étampé sur son visage. Il fallait l'excuser, la pauvre, elle dormait sur une taie d’ironie. Moi, j’avais si peur de me réveiller avec des plis digne d’une tarée un peu partout sur le visage que je me couchais la tête directement sur le matelas. Il était hors de question que je dorme sur&lt;em&gt; La belle et la bête &lt;/em&gt;car, quand bien même j’étais une fille et belle en plus, j’aurais pu devenir bête et ça, je ne le voulais pas. Sur mon drap contour se trouvaient de petits chatons. Ainsi, dans le pire des cas, je deviendrais câline.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Grand-maman m’avait dit un jour que j’étais née par ironie du sort. J’ai cru à ce moment qu’elle voulait dire que la fée Ironie Dusort, d’un coup de baguette magique, avait ordonné que je sorte du ventre de maman. J’y ai cru jusqu’à ce qu’elle ajoute : « mais ce n’est pas grave, car tu as ta grand-maman qui t’aime. Ne l’oublie jamais ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Adieu magie. J’ai peu à peu compris qu’il n’y avait pas de fée prénommée Ironie et j’en ai déduit que l’ironie, c’était bien seulement si on avait une mémé tout près, autrement, l’ironie s’emparait de soi et c’était très lourd à porter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fait, je l’ai &lt;em&gt;vraiment&lt;/em&gt; saisi quand j’ai fait la rencontre de Louisette. Elle, elle traînait beaucoup d’années sur son dos; elle ne devait plus avoir de grand-maman pour lui dire « je t’aime ». C’est pour cette raison qu’elle avait gardé les traits de l’ironie, bien ancrés en elle. Je lui avais pardonné. Il ne fallait pas être une grande personne pour la comprendre.&lt;/span&gt; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3437959929116389571-7631026839740075340?l=symphonuit.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://symphonuit.blogspot.com/feeds/7631026839740075340/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3437959929116389571&amp;postID=7631026839740075340&amp;isPopup=true' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/7631026839740075340'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/7631026839740075340'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://symphonuit.blogspot.com/2009/11/ironie-du-sort.html' title='Ironie du sort'/><author><name>Adèle B.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05012353310218619139</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='14' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-arGt39gKIa8/TzG0WcPX-AI/AAAAAAAAAZw/69HLNJrS2Qg/s220/Visage.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_qLvd9NDNgng/SvcGUV7PCFI/AAAAAAAAALk/RjZ3_pjSWDM/s72-c/fee+brindille.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3437959929116389571.post-211259807606695502</id><published>2009-10-25T08:00:00.001-07:00</published><updated>2011-03-04T08:45:57.951-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Vieux dialogue'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='lettre à l&apos;autre pour moi-même'/><title type='text'>Entretien au département des ressources humaines</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;Agente – Vous avez passé l’étape de l’entrevue, il vous reste seulement celle du questionnaire médical à réussir et je devrai, par la suite, communiquer avec les employeurs que vous avez mis en référence. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Adèle – Parfait. &lt;em&gt;Mais qu’est-ce que je fous ici, je n’ai même pas envie de travailler pour eux. J’ai feint à l’examen écrit d’être motivée à travailler pour ce CSSS. Lorsqu’on m’a demandé : «pourquoi devrions-nous retenir votre candidature?» j’ai eu envie de répondre «pour ne pas être le vilain petit canard», mais je m’en suis tenue à ce qu’ils voulaient entendre: « j’apprécie beaucoup le travail en équipe, vous savez, j’aime travailler avec d’autres personnes vers un but commun, c'est-à-dire le bien-être des personnes âgées ». J’ai donc feint d’être intéressée à l’examen écrit, j’ai feint d’être emballée à l’idée de vouloir torcher le cul des gens en entrevue en utilisant un langage d’universitaire qui déballe toutes ses belles notions théoriques et ses applications pratiques en gérontologie. «Qu'est-ce qu'il y a de différent pour vous, chez une personne qui vit dans un centre d’hébergement comparativement à une personne vivant à domicile, Madame Bertrand?». «Oh, mais, vous savez, je n’aime pas trop le terme «différent», parce que l’aîné hébergé conserve une panoplie de potentiels sur lesquels il faut miser. Ce n’est jamais un malade plein d’incapacités que j’ai devant moi, mais bien une personne. J’essaie donc de travailler à partir de ses capacités résiduelles».&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Agente – Ça sera un peu long de tout revoir le formulaire, je préfère vous prévenir. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Adèle – Ah, il n’y a pas de quoi. &lt;em&gt;Ça fait seulement 2 heures que je poirote ici, assise en rang d’oignon, mais ça va. Je maîtrise la situation ; c’est ma petite personne que je ne contrôle plus.&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Agente – Bien. Alors… je vois que vous n’avez pas de médecin de famille.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Adèle – Non. &lt;em&gt;Mais oui, mais oui! Ninananère! Tu ne le sais pas, mais je viens de le voir il y a à peine 2 jours. Mais au fond, c’est une moitié de menterie de prétendre ne pas avoir de docteur, parce que je n’ai plus de dossier médical, le feu l’ayant détruit. Pouf! Du jour au lendemain, je ne suis plus Adèle qui a perdu 5 livres, Adèle qui a une réserve en fer qui laisse à désirer, Adèle qui devrait prendre rendez-vous pour un examen gynécologique (Il n’y a pas de danger que ça se produise: je serais beaucoup trop terrorisée), non, je ne suis plus cette Adèle, mais bien Adèle-sans-dossier, Adèle-sans-nom. Ça m’a fait quelque chose quand même quand j’ai appris qu’il ne restait que des cendres de ma clinique, je me suis dit que je n’aimerais pas que tous mes écrits passent au feu. Je serais infiniment triste de perdre mes mots et paradoxalement, je jette la moitié de tout ce que j’écris au cas où, par le plus grand des hasards, Wajdi Mouawad passerait par ma rue et déciderait de fouiller mon bac à récupération… On peut toujours rêver. D’ailleurs, j’ai encore rêvé à lui. Il m’enseignait l’écriture dramatique dans une salle de bain et c’était ô combien passionnant. Je devais taper à l’ordinateur, car j’avais la main trop fébrile pour tracer des lettres sur papier. J’écrivais une pièce de théâtre pour qu’elle soit jouée au théâtre du Nouveau Monde et je lui avais dit que je voulais être l’actrice principale, peu m’importait si mes capacités en interprétation étaient limitées, j’allais apprendre, il allait me montrer et ce serait l’une des pièces les plus déroutantes du siècle. Je ne jouerais pas un personnage sur scène, mais je me mettrais en scène. Ce serait un ramassis d’émotions à l’état brut, ce serait une pièce de nudité, une pièce qui choque Monsieur et Madame tout le monde, une pièce qu’on ne veut pas voir, une pièce qui fait réagir, une pièce qui n’en finit plus d’exposer la douleur, la grande douleur, une pièce sans entracte pour éviter de donner la chance aux spectateurs de s’en remettre un peu. Oui. Une pièce qui serait tout cela et beaucoup plus. Je me suis réveillée. J’ai voulu retourner dans mon rêve, mais il ne voulait plus de moi. Expulsion dans la réalité, mais avec un scénario tellement précis dans ma tête. J’ai écrit quelques répliques sur une page et en me relisant, j’ai dû me rendre à l’évidence que c’était infiniment moins percutant que les paroles que je prononçais dans mon rêve. Pincement au cœur. Je crains de ne jamais pouvoir être à la hauteur de qui je suis dans mes rêves. &lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Agente – Où allez-vous lorsque vous êtes malade?&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Adèle – N’importe où. &lt;em&gt;Niaiseuse! Ça fait tellement crédible encore! Je vais dans ma chambre me rouler en petite boule, je vais ici raconter une histoire et là en raconter une autre. Je suis comme une espèce de fabulatrice nomade. &lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Agente – C’est-à-dire? Vous avez une clinique où vous allez plus souvent? À quand remonte votre dernière visite?&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Adèle – Hum, je dirais en 2007. Ça fait longtemps. &lt;em&gt;Ben voyons, en 2007!&lt;/em&gt; Donc, oui, en 2007 à la clinique sur la rue Notre-Dame. &lt;em&gt;Tu n’habitais même pas dans ce coin-là en 2007 Adèle Bertrand!&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Agente – Et la raison?&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Adèle – Une infection urinaire… &lt;em&gt;imaginaire et pis c’était en 2009 en plus. &lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Agente – Mais pourquoi ne pas avoir coché « troubles urinaires » dans le questionnaire? &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Adèle – &lt;em&gt;Ben là, c’est pas parce que je fais UNE infection, que j’ai l’intérieur en trouble!&lt;/em&gt; En fait, je ne pensais pas qu’on pouvait arriver si vite à cette conclusion. &lt;em&gt;Ah misère!&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Agente – Vous avez eu des antibiotiques pour ça?&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Adèle – Non. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Agente – Ah non? Comment ça?&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Adèle – &lt;em&gt;Ben, je viens de te le dire que c’était imaginaire! Non, en fait, tu ne le sais pas.&lt;/em&gt; Parce que… Les antibiotiques et moi, ça fait deux. J’ai pris en masse de capsules de canneberges concentrées pour que ça passe. &lt;em&gt;Une capsule de plus et je me disais :«tu seras mieux». Mais non! Au bout d’une journée et demie, la bouteille vide — moi et les dosages aléatoires — les crampes y étaient toujours. Je crois que j’ai mélangé infection urinaire et syndrome prémenstruel, Madame. &lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Agente – Ok… Puis, je vois un peu plus loin que vous avez coché : « suivi psychologique ».&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Adèle – &lt;em&gt;Ah maudit, je savais que je n’aurais pas dû!&lt;/em&gt; Oui...&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Agente – C’est où?&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Adèle – À L’institut de relations humaines Argyle.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Agente – C’est quel type de suivi?&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Adèle – Psychothérapie par l’art.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Agente – Depuis combien de temps?&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Adèle – &lt;em&gt;Coudonc, un coup parti, va-t-il falloir que je vous donne mon numéro de dossier que je ne connais même pas!&lt;/em&gt; Depuis plusieurs mois.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Agente – Pourriez-vous signer ici comme quoi vous nous donnez l’autorisation de demander une copie de votre dossier ? &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Adèle – &lt;em&gt;C’est hors de question! Non mais!&lt;/em&gt; Hum, non. Je refuse.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Agente – Dans ce cas, vous me voyez dans l’obligation de rejeter votre candidature. C’est dommage.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Adèle – &lt;em&gt;Dommage! Je suis sûre que vous ne le pensez même pas. Alors, c’est ça, rejetez-la. Jetez-la au bout de vos bras même! Faites-en une petite boule et nourrissez votre poubelle vide.&lt;/em&gt; Parfait. &lt;em&gt;C’est dommage tout de même que vous rejetiez les candidatures aussi rapidement, sachant qu’il y a dans votre CSSS un nombre impressionnant d’employés qui font preuve de négligence vis-à-vis des personnes âgées et que, malheureusement, il n’y a pas de case dans votre minable questionnaire pour vérifier la bonté des individus. &lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Agente – Vous postulerez de nouveau dans un an.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Adèle – &lt;em&gt;C’est pas comme si j’allais encore me présenter ici dans un an. Je serai ailleurs dans un an. Loin, très loin de votre face que je ne tiens pas à revoir de sitôt.&lt;/em&gt; Peut-être. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;Agente – La sortie est au bout du corridor. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3437959929116389571-211259807606695502?l=symphonuit.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://symphonuit.blogspot.com/feeds/211259807606695502/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3437959929116389571&amp;postID=211259807606695502&amp;isPopup=true' title='7 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/211259807606695502'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/211259807606695502'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://symphonuit.blogspot.com/2009/10/entretien-au-bureau-des-ressources.html' title='Entretien au département des ressources humaines'/><author><name>Adèle B.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05012353310218619139</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='14' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-arGt39gKIa8/TzG0WcPX-AI/AAAAAAAAAZw/69HLNJrS2Qg/s220/Visage.JPG'/></author><thr:total>7</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3437959929116389571.post-3752491967451303166</id><published>2009-10-21T17:46:00.000-07:00</published><updated>2009-10-24T15:45:26.018-07:00</updated><title type='text'>Art-thérapie</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;- Parlez-moi de votre dessin. Si la petite fille au centre de votre feuille devait parler, que dirait-elle? Et ne me dites pas cette fois-ci qu’elle ne parlerait pas. Je sais qu’elle a beaucoup à dire. Racontez-moi son discours intérieur. Permettez-moi d’être touché par ce qu’elle exprime.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il le sait que je suis prise d’une rage incroyable lorsqu’il m’avoue être – vouloir être - ému par mes propos et qu’en même temps, je pleurerais à lui en remplir son pot de yogourt dans lequel je nettoie mes pinceaux. Il le sait et il continue de me répéter de séance en séance : «elle est touchante la petite». Je rage. Parce qu’il n’a pas le droit de soulever des blessures grandes comme un paysage. Je voudrais le repousser à des années-lumière de moi, je voudrais qu’il me laisse croupir, me bousiller la vie toute seule, comme une grande, mais non, il a décidé qu’il ne laisserait pas la petite détruire l’existence de la grande. Il écoute ses SOS transformés en niaiseries et en banalités par la grande qui elle, est vite rattrapée au détour d’une histoire, quand la fiction permet aux émotions de rejaillir à l’exposant mille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Quand j’étais petite, j’écoutais au pied de la lettre les paroles de ma grand-mère. Elle devait déjà sentir les manques qui commençaient à me sortir par tous les pores de la peau, parce que lorsque j’étais en visite chez elle et qu’il se faisait tard, elle me disait : «va te coucher, comme ça ton père te prendra dans ses bras quand vous partirez, ta mère et toi». Et effectivement, juste avant de quitter, alors que je faisais semblant de dormir, je l’entendais dire à mon père: «Ah! Il va falloir la prendre, elle est trop fatiguée pour marcher jusqu’à la voiture». Il me traînait donc comme une poche de patates, même si ma mère se renfrognait en répétant pour la énième fois que j’étais assez grande pour marcher. Moi, je devais m’imaginer être Peau d’Âne, l’héroïne de tous les temps, mon héroïne et celle de ma grand-mère un peu, car c’est avec elle que j’ai découvert le film et c’est avec elle que je voulais le regarder, le re-re-garder, le re-re-re-garder à l’infini, parce que «moi, grand-maman, je vais me marier avec papa, hein? HEIN?» et immanquablement, je me butais à sa sempiternelle réponse : «Mais non, tu ne peux pas… Tu ne peux pas parce que… Tu vas voir plus tard, tu vas changer d’idée Adèle».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu sais grand-maman, je ne suis pas tant tellement sûre de ça, parce que toute les fois où tu étais triste que je ne vienne pas manger chez toi, que je ne fasse pas partie de ta visite, moi, ta petite-fille, ta première petite-fille, eh bien, j'étais à des lunes de ta peine. Oui, moi je rêvais à mon beau prince, mon beau prince de 42 ans, sujet principal de toute ma création littéraire au collégial et même d’un film amateur. Le jour de la présentation, alors que tous les étudiants pouffaient de rire en regardant ce que je croyais être une «super production», moi, avec ma petite couronne de princesse imaginaire, je continuais de leur répéter que c’était du sérieux. Tu vois grand-maman, il n’y avait rien de vrai là-dedans. Le vrai se trouvait à table, en ta compagnie, quand tu me servais un bol de soupe avec des lettres &lt;em&gt;alphabet&lt;/em&gt;, plein de lettres &lt;em&gt;alphabet&lt;/em&gt; parce que tu savais que je préférais les nouilles au bouillon. Toi tu savais. Tu savais ce que j'aimais. Tu savais parce que tu me connaissais vraiment. Il n'y avait pas de faux-jeu avec toi. Quand nous jouions, le jeu n'était que le tremplin pour mieux me comprendre. Et tu le savais, oui, tu le savais. Même si des années plus tard, quand je te parlais de nos jeux imaginaires et que je te demandais pourquoi ça me plaisait tant et que tu répliquais que tu ne savais pas, je te devinais. Je savais que toi, tout comme moi, étions encore dans le jeu, à nous cacher nos grandes vérités. Toi et moi avons été complices. Tu as été ma seule grande et vraie amie.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3437959929116389571-3752491967451303166?l=symphonuit.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://symphonuit.blogspot.com/feeds/3752491967451303166/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3437959929116389571&amp;postID=3752491967451303166&amp;isPopup=true' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/3752491967451303166'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/3752491967451303166'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://symphonuit.blogspot.com/2009/10/art-therapie.html' title='Art-thérapie'/><author><name>Adèle B.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05012353310218619139</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='14' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-arGt39gKIa8/TzG0WcPX-AI/AAAAAAAAAZw/69HLNJrS2Qg/s220/Visage.JPG'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3437959929116389571.post-8616136802970480391</id><published>2009-10-17T17:06:00.000-07:00</published><updated>2009-10-17T17:58:23.148-07:00</updated><title type='text'>Tranche de vie</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;Je reviens de l’université. Je reviens d’un endroit où je suis bien, où je me sens chez moi, où je me sens entourée avec Angèle qui me raconte ses péripéties de famille, sa petite dernière qui est enceinte et j’ai le sentiment de faire une démonstration d’enthousiasme pour trois personnes tellement je me réjouis pour la grand-maman. C’est que je dois m’étourdir pour ne pas me mettre à penser à mon ventre et à ma boule d’angoisse qui y a élu domicile et qui prend beaucoup trop de place pour accueillir un de ces quatre un fœtus. Il y a Daphnée aussi. Daphnée et nos fous rires qui se renvoient la balle; des fois, je me surprends à vouloir lui demander si elle aussi, elle est un petit bouffon triste. On pourrait rire encore, mais rire jaune cette fois-ci. Et puis, il y a Josée qui est malvoyante et à qui je me suis offert, dès le premier cours, à prendre des notes pour elle, à la main, en lettres détachées pour que ce soit clairement lisible, voire à l’ordinateur selon sa préférence, en caractère 70, gras, souligné ou pourquoi pas, la parrainer, faire du tutorat, de la révision, taper ses travaux et les corriger, bref, n’importe quoi pour lui rendre l’existence facile à défaut de pouvoir simplifier ma propre vie. Elle n’avait pas besoin de tout cela, mais depuis, elle s’assoit toujours près de moi et je dois dire que ça console un peu mon nombril replié sur lui-même, tourné constamment vers son vide existentiel. J’ai l’impression d’avoir un immense réseau social pendant trois heures lorsque je vois toutes ces places comblées autour de moi. C’est comme si toutes ces personnes me juraient fidélité pour quinze semaines, le temps d’une session et moi, je prends ce qui passe : je collectionne de cours en cours des miettes d’affection. Parfois ce n’est pas grand-chose, un «merci», un «t’es gentille», des mots qui font que je ne sais plus sur quel pied danser intérieurement, qui me donnent le goût de leur demander de se mettre sur le mode &lt;em&gt;repeat&lt;/em&gt;, question que j’aie de beaux mots en banque pour toutes les fois où je me dis que je suis la nullité incarnée.&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3437959929116389571-8616136802970480391?l=symphonuit.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://symphonuit.blogspot.com/feeds/8616136802970480391/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3437959929116389571&amp;postID=8616136802970480391&amp;isPopup=true' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/8616136802970480391'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/8616136802970480391'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://symphonuit.blogspot.com/2009/10/tranche-de-vie.html' title='Tranche de vie'/><author><name>Adèle B.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05012353310218619139</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='14' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-arGt39gKIa8/TzG0WcPX-AI/AAAAAAAAAZw/69HLNJrS2Qg/s220/Visage.JPG'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3437959929116389571.post-3748105297762577861</id><published>2009-10-11T18:23:00.000-07:00</published><updated>2009-10-11T20:16:54.314-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Vieux - pas si vieux - relent psychiatrique'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='brouillon'/><title type='text'>Incursion</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_qLvd9NDNgng/StKHy-CYoMI/AAAAAAAAALU/EUu0-yT2BJg/s1600-h/Peinture1.JPG"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 0px 10px 10px; WIDTH: 262px; FLOAT: right; HEIGHT: 320px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5391521013632114882" border="0" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_qLvd9NDNgng/StKHy-CYoMI/AAAAAAAAALU/EUu0-yT2BJg/s320/Peinture1.JPG" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;Je n’aime pas quand les mots méchants sortent de la bouche des gens sous la forme d'une diarrhée verbale, parce que le dégât est énorme en moi. Dans ces moments-là, je me cognerais la tête sur n’importe quoi, mais à défaut de le faire, je me regarde dans le miroir et me demande : «Est-ce moi ? Est-ce moi ? Suis-je là ? Où suis-je ?» et plus je me regarde, plus je panique, parce que je suis perdue quelque part entre moi et moi et qu’il me semble que la folie me guette. Je dois donc me fuir, courir jusqu’à l’hôpital et, à mon tour, expulser un jet de mots.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Madame, madame, aidez-moi. Donnez-moi n’importe quoi, mais je suis toute désorientée. Je sais plus où je suis, qui je suis, ce que je fais, pourquoi, comment. Madame, madame !&lt;br /&gt;- En quelle année sommes-nous ?&lt;br /&gt;- En 2009.&lt;br /&gt;- Où êtes-vous présentement ?&lt;br /&gt;- À l’hôpital.&lt;br /&gt;- Que faisiez-vous avant de venir ici ?&lt;br /&gt;- J’étais chez moi et ma colocataire a disjoncté parce que… parce que je ne sais plus pourquoi.&lt;br /&gt;- Et en quoi pouvons-nous vous aider?&lt;br /&gt;- Je suis en train de devenir folle au moment où je vous parle, Madame, pas demain, pas dans une heure, là. Je deviens folle sous vos yeux.&lt;br /&gt;- Moi, ce que je vois, c’est que vous êtes angoissée, sans plus.&lt;br /&gt;- Il y a de quoi l’être aussi ! J’étais dans mes souliers tantôt et maintenant je ne le suis plus. Là, je vous avertis, si vous ne me donnez rien, moi je vais vous faire une crise, une crise de mal de vivre, d’angine, de foie, de cœur, de ce que vous voudrez, mais j’ai besoin de quelque chose. Vous comprenez ? J’ai besoin de quelque chose et c’est urgent. Alors, ne me mettez pas, comme la dernière fois, à la toute fin de votre liste d’attente, je veux voir un médecin au plus sacrant.&lt;br /&gt;- Bon, là Madame, je vous demanderais de demeurer polie et…&lt;br /&gt;- (&lt;em&gt;en grands sanglots&lt;/em&gt;) Comment ça polie ? Je veux dire, je veux voir un médecin au plus vite et vous ne voulez pas? Moi, Madame, je voudrais tellement que des gens de cœur bâtissent des maisons où ils accueilleraient des folles comme moi qui ne sont jamais à la bonne place au bon moment, qui ne placent jamais le bon mot au bon moment, mais qui là-bas, seraient accueillies avec plein de couvertures en polar, des paires de bas de laine et pourquoi pas, avec &lt;em&gt;La mélodie du bonheur&lt;/em&gt; en trame de fond. Des gens qui seraient juste là, qui attendraient les folles comme moi à n’importe quelle heure de la journée et qui feraient fuir la folie à coups de bras ouverts et de mots réconfortants.&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3437959929116389571-3748105297762577861?l=symphonuit.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://symphonuit.blogspot.com/feeds/3748105297762577861/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3437959929116389571&amp;postID=3748105297762577861&amp;isPopup=true' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/3748105297762577861'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/3748105297762577861'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://symphonuit.blogspot.com/2009/10/incursion.html' title='Incursion'/><author><name>Adèle B.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05012353310218619139</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='14' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-arGt39gKIa8/TzG0WcPX-AI/AAAAAAAAAZw/69HLNJrS2Qg/s220/Visage.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_qLvd9NDNgng/StKHy-CYoMI/AAAAAAAAALU/EUu0-yT2BJg/s72-c/Peinture1.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3437959929116389571.post-700933967989203192</id><published>2009-07-05T14:13:00.000-07:00</published><updated>2011-03-04T08:46:36.356-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Vieux - pas si vieux - relent psychiatrique'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Faux de A à – presque – Z'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='lettre à l&apos;autre pour moi-même'/><title type='text'>Avaler ses mots</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_qLvd9NDNgng/SlFTzqPIADI/AAAAAAAAALM/LZsVu2oQ04A/s1600-h/Folie..jpg"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 0px 10px 10px; WIDTH: 240px; FLOAT: right; HEIGHT: 320px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5355153578896392242" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_qLvd9NDNgng/SlFTzqPIADI/AAAAAAAAALM/LZsVu2oQ04A/s320/Folie..jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;Depuis quelques jours, je dormais avec mes mots, un peu comme une mère couveuse qui protège les fruits de sa chair en les gardant tout près d’elle, mais aujourd’hui, tout semble fuir entre mes mains, y compris ce que j’écris. Je ne dors plus avec mes mots, je couche avec eux. Je leur fais l’amour à tour de rôle pour apprendre par cœur leur forme avant que la folie s’empare complètement de moi. Sitôt que je suis en mesure de les réciter de mémoire, je déchire ma feuille en petits morceaux et cache le tout dans mes chaussons d’hôpital pour m’assurer que l’on ne mette pas la main sur eux et qu’ils ne m’appartiennent plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Poésie morcelée; à mon image.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parfois, quand je veux reconstruire mon «je» de papier, je me dirige vers ce qu’ils appellent depuis une semaine ma «chambre», m’assoie en indien sur le lit et fais une tente par-dessus ma tête avec un drap pour que personne ne pénètre mon monde. Puis, je m’amuse à faire le casse-tête de ma personne en replaçant mes vers afin de faire un ensemble un tant soit peu cohérent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais plus je m’attelle à recréer mon poème initial, plus j’échoue dans ma tentative et plus je me rends compte que j’oublie la signification des mots. Angoissée, je cours m’enfermer dans une salle de bain avec mon casse-tête inachevé au creux de mes mains et décide de mâcher tous les petits bouts de papier pour ne plus qu’ils m’échappent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Débarre la porte tout de suite ou sinon, c’est moi qui vais le faire.&lt;br /&gt;- N’entrez pas, je vous en supplie. Je suis occupée.&lt;br /&gt;- (&lt;em&gt;Déverrouillant la porte&lt;/em&gt;) Holà! Qu’est-ce que tu es en train de faire, encore?&lt;br /&gt;- J’ai plein de mots sur le bout de la langue. J’ai peur, j’ai peur!&lt;br /&gt;- (&lt;em&gt;Rire&lt;/em&gt;) Moi, ce que je vois, c'est ben ben ben du papier dans ta bouche! Là, ma petite, tu vas collaborer avec moi et me donner tout ce que tu tiens dans tes mains et jeter ce que tu as dans ta bouche à la poubelle.&lt;br /&gt;- Pas question! Je cherche mes mots et c’est pas vous qui allez me les enlever de la bouche.&lt;br /&gt;- Ça suffit. (Il&lt;em&gt; prend tous les bouts de papier&lt;/em&gt;)&lt;br /&gt;- Vous avez pas le droit! Vous êtes juste un con! Un estie de gros con d’infirmier.&lt;br /&gt;- La méchanceté, on accepte pas ça ici. Tu devrais relire la brochure sur les droits des professionnels de la santé. Le respect est primordial au bon déroulement de ton séjour. C’est écrit au point 1.3.&lt;br /&gt;- Va chier!&lt;br /&gt;- Bon. Tu m’obliges à inscrire à ton dossier que tu es agressive aujourd’hui. Si j’étais à ta place, je me calmerais immédiatement, parce que tu ne fais qu’allonger ton passage ici en me parlant comme ça.&lt;br /&gt;- Faut toujours que je marche sur des &lt;em&gt;yeux&lt;/em&gt; avec vous, je suis fatiguée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis née en mille neuf cent quatre-vingt-sept. J’ai mille neuf cent quatre-vingts ans de lassitude et sept ans d’âge mental à ce moment précis, au moment où mes peurs prennent la dimension de mon imagination. Si la main qui donne les pilules ne m’avait pas retiré mon crayon en échange d’une camisole chimique, je crois que je me serais crevé les yeux pour m’enlever du regard toute l’horreur que les autres ne voient pas. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3437959929116389571-700933967989203192?l=symphonuit.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://symphonuit.blogspot.com/feeds/700933967989203192/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3437959929116389571&amp;postID=700933967989203192&amp;isPopup=true' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/700933967989203192'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/700933967989203192'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://symphonuit.blogspot.com/2009/07/depuis-quelques-jours-je-dormais-avec.html' title='Avaler ses mots'/><author><name>Adèle B.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05012353310218619139</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='14' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-arGt39gKIa8/TzG0WcPX-AI/AAAAAAAAAZw/69HLNJrS2Qg/s220/Visage.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_qLvd9NDNgng/SlFTzqPIADI/AAAAAAAAALM/LZsVu2oQ04A/s72-c/Folie..jpg' height='72' width='72'/><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3437959929116389571.post-3029835023005222214</id><published>2009-06-20T18:24:00.000-07:00</published><updated>2011-02-19T12:20:28.495-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Fond de tiroir'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Poésie'/><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;Le ciel acidulé&lt;br /&gt;Cavité cardiaque pressée&lt;br /&gt;Et tôt&lt;br /&gt;Ou tare&lt;br /&gt;L’heure blonde&lt;br /&gt;Étanchera&lt;br /&gt;Sur les marches du temps&lt;br /&gt;Ma peine croulante&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3437959929116389571-3029835023005222214?l=symphonuit.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://symphonuit.blogspot.com/feeds/3029835023005222214/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3437959929116389571&amp;postID=3029835023005222214&amp;isPopup=true' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/3029835023005222214'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/3029835023005222214'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://symphonuit.blogspot.com/2009/06/le-ciel-acidule-cavite-cardiaque.html' title=''/><author><name>Adèle B.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05012353310218619139</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='14' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-arGt39gKIa8/TzG0WcPX-AI/AAAAAAAAAZw/69HLNJrS2Qg/s220/Visage.JPG'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3437959929116389571.post-2026954609232327144</id><published>2009-06-20T17:32:00.000-07:00</published><updated>2011-02-19T12:20:28.508-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Fond de tiroir'/><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#000000;"&gt;&lt;em&gt;À lire avec ou sans fioritures:&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:Trebuchet MS;font-size:85%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;"&gt;(&lt;em&gt;Première version&lt;/em&gt;)&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_qLvd9NDNgng/Sj2Ek2dRboI/AAAAAAAAAKs/Es6orO4RQuQ/s1600-h/tristesses-de-la-lune.jpg"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 0px 10px 10px; WIDTH: 200px; FLOAT: right; HEIGHT: 150px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5349577701014466178" border="0" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_qLvd9NDNgng/Sj2Ek2dRboI/AAAAAAAAAKs/Es6orO4RQuQ/s200/tristesses-de-la-lune.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;Tic tac tic tac&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;J’attends ma dose lyrique. Et la lune, à travers le rideau, rit jaune. Envie de l’atteindre. Elle est ronde ce soir; elle me fait perdre la carte.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;&lt;em&gt;Rondeur déplacée&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;&lt;em&gt;Ma main caresse le ciel&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;&lt;em&gt;La lune; ventre familier&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;Je renifle ma dose entre deux sanglots. Le mal de mère est intraduisible.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:Trebuchet MS;font-size:85%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:Trebuchet MS;font-size:85%;"&gt;* * * &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:Trebuchet MS;font-size:85%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:Trebuchet MS;font-size:85%;color:#000000;"&gt;(&lt;em&gt;Seconde version&lt;/em&gt;)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:Trebuchet MS;font-size:85%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-size:85%;color:#660000;"&gt;Rondeur déplacée&lt;br /&gt;Ma main caresse le ciel&lt;br /&gt;La lune; ventre familier&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3437959929116389571-2026954609232327144?l=symphonuit.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://symphonuit.blogspot.com/feeds/2026954609232327144/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3437959929116389571&amp;postID=2026954609232327144&amp;isPopup=true' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/2026954609232327144'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/2026954609232327144'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://symphonuit.blogspot.com/2009/06/tic-tac-tic-tac-jattends-ma-dose.html' title=''/><author><name>Adèle B.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05012353310218619139</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='14' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-arGt39gKIa8/TzG0WcPX-AI/AAAAAAAAAZw/69HLNJrS2Qg/s220/Visage.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_qLvd9NDNgng/Sj2Ek2dRboI/AAAAAAAAAKs/Es6orO4RQuQ/s72-c/tristesses-de-la-lune.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3437959929116389571.post-5752653275998553853</id><published>2009-06-12T19:00:00.000-07:00</published><updated>2009-06-17T06:26:38.241-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Vieux - pas si vieux - relent psychiatrique'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Fond de tiroir'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Hermétisme'/><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_qLvd9NDNgng/SjMOrEuSd7I/AAAAAAAAAKU/uagBMMz0F54/s1600-h/fephanie_web.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5346633315783964594" style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; WIDTH: 255px; CURSOR: hand; HEIGHT: 320px" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_qLvd9NDNgng/SjMOrEuSd7I/AAAAAAAAAKU/uagBMMz0F54/s320/fephanie_web.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;Elle quitte l’appartement de sa colocataire, et le sien un peu, pour tenir compagnie à un homme en perte d’autonomie dans un centre d’hébergement. La dernière fois qu’elle est allée le voir, elle se rappelle qu’une préposée lui avait demandé où elle allait et qu’elle lui avait répondu, en blaguant, qu’elle n’avait quand même pas l’intention de le kidnapper! C’est sorti comme c’est venu, la réponse avant la réflexion comme trop souvent. Elle a répondu aussi rapidement qu’un «oui» à la question «ça va?». Il faut dire que dans cet établissement, paraîtrait-il qu’il y a eu des «vols» de personnes âgées, comme si leur héritage personnel se trouvait sur leur peau de personnes désorientées qui font confiance à qui veut bien leur promettre de sortir de leur chambre carcérale ou alors qui leur vident les poches en échange d’une bouffée d’air frais… &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;En direction d’un petit café, elle pousse le fauteuil roulant, mais chaque pas l’incite à reculer, à revenir à son point de départ. C’est qu’elle a l’impression que son père l’attend à un coin de rue, l’attendra à son retour, la tirera par le manteau pour qu’elle grimpe dans son camion cher comme son futur retour de déclaration fiscale qu’elle n’a toujours pas postée, alors il faut fuir avant que cela n’arrive. Et l’homme qu’elle accompagne, lui? Les rôles seront inversés. Je serai kidnappée et il ne me restera plus qu’à envoyer la main derrière la vitre de la voiture et crier : «je ne voulais pas vous abandonnez, cher Claude! Claude!»&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;Dans la boîte à débarras qu’est devenue ma tête, j’ai un de ces maux de ventre qui me prend, je me sens faible comme si, tout d’un coup, ma pression artérielle avait chutée. J’ai soudainement peur pour la personne que j’accompagne, j’ai peur parce qu’elle est si mal accompagnée que je lui bredouille :« je suis désolée, mais je ne me sens vraiment pas bien, j’ai le sentiment que je vais m’évanouir, que je ne pourrai pas me rendre à destination. Vous m’excuserez, mais nous allons devoir revenir sur nos pas. J’appellerai votre fille pour m’excuser. Je m’excuse vraiment, mais ça ne va pas». Je m’excusais sporadiquement, question de vérifier si j’étais toujours présente. Dans un immense effort de conscience, je demandais à Claude :«avez-vous besoin que je vous aide à vous relever dans votre fauteuil. Il me semble que vos pieds traînent par terre»? Et je m’accrochais, dans ma tête, aux derniers mots, «traînent par terre» et je m’imaginais qu’il glissait de son fauteuil et qu’elle, en l’occurrence mon moi pas tellement là, le traînait par terre comme on ramène une dépouille au bercail et ma peur redoublait, car depuis que je côtoie des personnes âgées en centre d’hébergement, je n’ai jamais commis de méfaits et pourtant, à cet instant précis, j’avais cette peur qui me serrait le ventre, qui me donnait envie de vomir comme si j’avais le ventre et les mains sales. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;em&gt;Claude, nous rebroussons donc chemin et je vous répète que je m’excuse, pour vous rassurer (me rassurer?) d'être bel et bien en présence de quelqu’un et non pas de quelque chose, je vous répète donc à l’infini que je m’excuse. J’aurais envie à ce moment de me bercer sur un cheval de bois, derrière un arbuste, cachée de votre regard, de tous les regards. En avant, en arrière, en avant, en arrière et peut-être arriverais-je à digérer ma boule d’angoisse et serais apte à vous amener prendre votre dessert dans un café, votre seul, comme vous me l’avez si souvent dit, plaisir de la journée parce que dans le centre où vous êtes, ils sont tous vieux et que vous, malgré vos 78 ans bien ancré dans votre corps, vous ne bavez pas sur vos chandails encore, vous ne vous tenez pas tête baissée comme si quelqu’un allait vous passer sous peu une corde au cou, non, vous vous tenez la tête haute. Trop haute? Je ne disserterai pas sur vous maintenant, Claude, mais je reviendrai peut-être à vous un peu plus loin. Je ferai de votre personne l’un de mes personnages, peu importe si vous vous reconnaissez ou pas dans mes lignes, car il y a peu de similitudes entre mes personnages remplis de tares humaines et tout droit sortis de mon imagination et les gens qu’ils désignent dans la réalité. En procédant de la sorte, je cherche à me guérir, moi. Je ne cherche pas à guérir mes personnages, mon entourage immédiat, mes connaissances, mes amis. Non, la description de ceux-ci n'est que le tremplin vers une meilleure compréhension de mes comportements, mes attitudes, mes émotions surtout, car je suis lasse de patauger dans ce vaste monde sensible en ayant sans cesse la douloureuse impression d’être emportée de tous côtés.&lt;/em&gt; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;Je me rends compte que je suis experte dans l’art de passer du il au jeu, oups lapsus! Du il au &lt;em&gt;je&lt;/em&gt;, dis-je. Comme si j’étais docteure et que je rédigeais les notes à mon propre dossier. Quoique, comme docteure, je serais docteure en extrapolation, en subjectivité, en notes sans queue ni tête, en notes qui finissent en grande romance. Quoique, encore là, je joue dans mes paradoxes. Autant, je peux jouer à celle qui n’a aucune autocritique, qui dit «je» avec une majuscule parce qu’elle se croit menacer d’instinction (non pas «extinction», mais bien «instinction» parce que ça vient de l’iiiiiiiintérieur) et qu’il importe de protéger mon «je», autant je peux avoir une autocritique très forte et un jugement finement aiguisé. J’ai envie d’ajouter que plus les gens sont perdus dans leur tête et plus j’ai envie d’aller les rejoindre dans leur monde, de leur donner rendez-vous dans un lieu commun là où nous pourrions partager du temps présent, où je pourrais leur donner mon sourire pour que, quelques instants plus tard, nous soyons deux à sourire, à sourire parce que l’autre sourit, à sourire tout bêtement, tout simplement. Je pense aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Parce qu’elles n’ont pas les mots, parce que bien souvent leur corps s'exprime davantage que leurs paroles, parce que, pour éveiller leur mémoire affective, il faut faire preuve, à tous moments d’inventivité, mais surtout, parce que je n’ai pas les mots, parce que mon corps est davantage porteur de sens chez moi que ma parole, parce que, pour éveiller ma mémoire affective, il faut faire preuve de créativité comme si j’avais oublié ma vie passée au profil de mes mille et une vies imaginaires. Un parallèle comme le jeu du miroir entre la personne âgée démente et moi. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;Je t’appelle Louise parce que Madame Belzile ne te dit plus rien. Ton nom, pourtant. Louise, je te parle d’égal à égal malgré ta maladie qui te gruge la tête. J’ai pris grand soin de mettre des bulles dans ton bain pour ne pas que l’eau t’effraie quand tu mettras le bout de tes pieds, quand tu sentiras dans ton corps que l’air ambiant n’est pas la même chose qu’un fluide et que tu pencheras ta tête vers tes orteils. Je te dirai : «c’est de la mousse Louise et je m’en mettrai sur le bras pour te montrer que ce n’est pas dangereux, que c’est plaisant même». Tu t’exclameras par un : «oh!» et je te croirai, sur le moment, gagnée par la surprise jusqu’à ce que tu changes de mine au profit d’une face stupéfaite, comme si soudainement, alors qu’un instant plus tôt, tu m’apparaissais surprise à cause de la mousse, je te sens maintenant infiniment craintive et méfiante. Je ne te donnerai pas ton bain ce jour-là, car tu te rappellerais le jour suivant que je suis la «méchante», malgré ma voix douce, parce que ma main sur ton épaule, ma main qui t’a dénudée hier t’aura forcée, malgré ta peur au ventre, à te laver. Alors que je prends la serviette pour te couvrir la poitrine pendant que j’essuie tes pieds, je jette un œil vers le miroir, peut-être parce que j’ai peur de la réaction de ma superviseure de stage en sortant de la salle de bain, peut-être parce que lorsque j’ai peur, j’ai la hantise de voir les yeux de ma mère apparaître à la place des miens, parce que je devrai dire à ma superviseure que je n’ai pas réussi à donner le bain à ma patiente, considérée comme «difficile» par les préposés de l’étage et qu’il importe que je vérifie si j’ai encore cet air doux, que je n’ai pas l’échec qui sort par tous les pores de mon visage, que mes yeux ne sont pas méchants. Mais en me regardant, j’ai tout de suite compris la raison du soubresaut de Louise : le miroir. Alors, dans ma tête, je me dis : «Louise, tu n’es pas cette vieille femme enlaidie par l’âge, tu oscilles entre tes vingt ans, la décennie de ton mariage et tes trente ans, la naissance de ton dernier enfant, cette dame qui te regarde est donc autre puisqu’elle n’a pas les traits de ta jeunesse, l’âge où tu es rendue dans ta tête. Cette femme dans le miroir pourrait être de l’âge de ta mère alors il y a une autre personne avec nous dans la salle de bain et ça t’effraie. Tu as peur parce que tu es nue et pudique devant l’autre. Tu as peur et je comprends infiniment trop ta peur».&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;(&lt;em&gt;À l'hôpital&lt;/em&gt;) - Vous avez peur et je comprends votre peur. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;color:#660000;"&gt;Foutaise! Je suis nue et pudique devant toi, avec mes vêtements dans mes bras à grelotter de savoir mon enfance morte entre mes propres bras et à me projeter tellement en toi que j’ai l’impression que tes lunettes oranges ressemblent à mes lunettes rouges, que ton sourire, tes yeux, ton nez et tes cheveux ont été clonés sur les miens par des méchants, que je suis devenue tellement interchangeable que je devrai dans un futur proche faire comme toi, donner des pilules aux gens qui ont peur et que toi, tu publieras ma vie, mon histoire avec mes droits d’auteur, que je perdrai du temps avec la justice pour défendre mes textes comme des bouts de papier qui parlent, hein? Toi, tout ce que tu trouves de mieux à me dire, c’est que tu comprends ma peur! Je veux dire, t’as déjà eu froid de ne pas te reconnaître dans un miroir, je veux dire, l’espèce d’immense frisson de dépersonnalisation qui part de l’échine et qui se perd dans ta tête, je veux dire, de ne pas savoir qui tu es dans le ici et le maintenant? Ah, et puis après… &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3437959929116389571-5752653275998553853?l=symphonuit.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://symphonuit.blogspot.com/feeds/5752653275998553853/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3437959929116389571&amp;postID=5752653275998553853&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/5752653275998553853'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/5752653275998553853'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://symphonuit.blogspot.com/2009/06/elle-quitte-lappartement-de-sa.html' title=''/><author><name>Adèle B.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05012353310218619139</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='14' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-arGt39gKIa8/TzG0WcPX-AI/AAAAAAAAAZw/69HLNJrS2Qg/s220/Visage.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_qLvd9NDNgng/SjMOrEuSd7I/AAAAAAAAAKU/uagBMMz0F54/s72-c/fephanie_web.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3437959929116389571.post-5482970152489471486</id><published>2009-06-12T17:08:00.000-07:00</published><updated>2011-02-19T12:20:28.517-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Fond de tiroir'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Poésie'/><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;Jaune&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:Trebuchet MS;font-size:85%;color:#660000;"&gt;Mon sein gauche délavé&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:Trebuchet MS;font-size:85%;color:#660000;"&gt;Je ne porterai plus &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:Trebuchet MS;font-size:85%;color:#660000;"&gt;Le soleil des marguerites&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:Trebuchet MS;font-size:85%;color:#660000;"&gt;Vers ma cavité cardiaque ouverte&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:Trebuchet MS;font-size:85%;color:#660000;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:Trebuchet MS;font-size:85%;color:#660000;"&gt;[Je suis déjà bleue dans un angle mort]&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3437959929116389571-5482970152489471486?l=symphonuit.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://symphonuit.blogspot.com/feeds/5482970152489471486/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3437959929116389571&amp;postID=5482970152489471486&amp;isPopup=true' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/5482970152489471486'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/5482970152489471486'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://symphonuit.blogspot.com/2009/06/vieux-fragment.html' title=''/><author><name>Adèle B.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05012353310218619139</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='14' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-arGt39gKIa8/TzG0WcPX-AI/AAAAAAAAAZw/69HLNJrS2Qg/s220/Visage.JPG'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3437959929116389571.post-7098556167888111963</id><published>2009-05-31T17:11:00.000-07:00</published><updated>2009-05-31T17:42:03.201-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Vieux - pas si vieux - relent psychiatrique'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Fond de tiroir'/><title type='text'>Régression</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_qLvd9NDNgng/SiMjy8U8tTI/AAAAAAAAAI8/o0c_oqrKUUM/s1600-h/toile-11.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5342152941085963570" style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; WIDTH: 320px; CURSOR: hand; HEIGHT: 229px" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_qLvd9NDNgng/SiMjy8U8tTI/AAAAAAAAAI8/o0c_oqrKUUM/s320/toile-11.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;Voilà. J'ai passé deux journées à jeûner, pas tant par envie que par manque d'envie. Deux jours dans mon lit, les mains jointes au niveau de la poitrine, la bouche ouverte, feignant d'être morte, attendant que ma respiration cardiaque diminue à un point tel que ce serait la fin (et en m'imaginant aussi un tas de monde à mes funérailles qui me pleurerait). Mais la fin n'est jamais venue. Deux jours à me tourner d'un côté et de l'autre, à me lever pour faire mon lit, m'habiller et avoir presque envie de rire en voyant que je pourrais faire une annonce publicitaire de cure d'amaigrissement avec mon pantalon deux fois trop grand pour moi. Faire mon lit, donc. Puis m'habiller. Et me recoucher. Deux jours à ne pas manger, mais à boire tout de même. Boire du lait, un deux litres de faux-lait maternel que je me suis donné la peine de me servir, dans un verre en plus. Et je n'ai pas rampé à quatre pattes pour aller le chercher. J'ai pris ma petite moi dans mes bras, je l'ai amenée jusqu'au réfrigérateur et je lui ai dit :« Il ne sera pas aussi bon ce lait-là, mais ça devrait faire l'affaire ». Elle a bu, je suis retournée dans la chambre, j'ai fermé la porte derrière moi pour qu'elle ne dérange personne et je l'ai couchée.&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3437959929116389571-7098556167888111963?l=symphonuit.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://symphonuit.blogspot.com/feeds/7098556167888111963/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3437959929116389571&amp;postID=7098556167888111963&amp;isPopup=true' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/7098556167888111963'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/7098556167888111963'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://symphonuit.blogspot.com/2009/05/regression.html' title='Régression'/><author><name>Adèle B.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05012353310218619139</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='14' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-arGt39gKIa8/TzG0WcPX-AI/AAAAAAAAAZw/69HLNJrS2Qg/s220/Visage.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_qLvd9NDNgng/SiMjy8U8tTI/AAAAAAAAAI8/o0c_oqrKUUM/s72-c/toile-11.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3437959929116389571.post-3072616135294124517</id><published>2009-05-31T16:37:00.000-07:00</published><updated>2011-02-19T12:20:28.945-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Monsieur Lego'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Fond de tiroir'/><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_qLvd9NDNgng/SiMW3QJcwHI/AAAAAAAAAI0/YB_oeVnSfak/s1600-h/modigliani11.jpg"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 0px 10px 10px; WIDTH: 242px; FLOAT: right; HEIGHT: 320px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5342138721474756722" border="0" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_qLvd9NDNgng/SiMW3QJcwHI/AAAAAAAAAI0/YB_oeVnSfak/s320/modigliani11.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;À toutes les fois que je pars avec ma &lt;em&gt;drug prescription&lt;/em&gt; pour aller nourrir mon Jean Coutu de mon argent et que la caissière me dit :«tenez, votre épival», je ne peux m’empêcher de penser à l’épidural et je me dis que sans effort, je donnerais naissance à notre bébé imaginaire, un bébé de toi, mon docteur ès sciences préféré, mon homme impuissant qui m’aurait fait un bébé, un bébé mou, un bébé jello, mais un bébé tout de même. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="center"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;* * * &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Je ne sais pas ce qui m’a accrochée chez toi, peut-être ton corps un peu trop enrobé qui te donne des airs de Winnie l’ourson et qui me fait dire que tu dois être gourmand ou encore ta barbe de plusieurs jours qui te donne un petit côté papi gâteau, mais pas trop parce qu’elle n’est pas encore tout à fait de la couleur de celle du Père-Noël et que tu me gâtes modérément comme si tu voulais t’assurer que je revienne vers toi. Tu me gâtes en acceptant de mettre ta main dans la mienne au cinéma, ta main que je pétris d’amour, qui devient aussi brûlante que la mienne et qui me projette dans un lit d’un hôtel cinq étoiles où je te prouverais que tu n’es pas &lt;em&gt;si &lt;/em&gt;impuissant, parce qu’un corps jeune sur un corps d’homme mature, ça fait de vrais petits miracles. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Ne voudrais-tu pas être mon miraculé?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3437959929116389571-3072616135294124517?l=symphonuit.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://symphonuit.blogspot.com/feeds/3072616135294124517/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3437959929116389571&amp;postID=3072616135294124517&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/3072616135294124517'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/3072616135294124517'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://symphonuit.blogspot.com/2009/05/toutes-les-fois-que-je-pars-avec-ma.html' title=''/><author><name>Adèle B.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05012353310218619139</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='14' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-arGt39gKIa8/TzG0WcPX-AI/AAAAAAAAAZw/69HLNJrS2Qg/s220/Visage.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_qLvd9NDNgng/SiMW3QJcwHI/AAAAAAAAAI0/YB_oeVnSfak/s72-c/modigliani11.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3437959929116389571.post-8149907653237733578</id><published>2009-05-31T12:29:00.000-07:00</published><updated>2009-05-31T12:46:59.079-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dans ma tête de linotte'/><title type='text'>La méchante rouquine</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_qLvd9NDNgng/SiLdQii4rtI/AAAAAAAAAIk/QgtGFEwXkD8/s1600-h/fuite12.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5342075384235601618" style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; WIDTH: 214px; CURSOR: hand; HEIGHT: 320px" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_qLvd9NDNgng/SiLdQii4rtI/AAAAAAAAAIk/QgtGFEwXkD8/s320/fuite12.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;Je ne peux quitter Madame Juron pour l'été, tout d'un coup qu'une cliente prendrait ma place, boucherait mes deux trous réservés dans son horaire, me volerait mon exclusivité, comblerait mes silences... Tout d'un coup qu'au mois de septemble, je me retrouve confinée à chercher une copie conforme de sa personne, les yeux qui tournent comme deux trotteuses et l'imperméable vert inclus, tout d'un coup...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;Tout d'un coup, c'est moi qui ai envie de fuir, parce que, dans les faits, je pense qu'elle en a assez de moi et de mes moments de vide. Moi, je crois qu'elle veut se débarrasser de moi avec peu de subtilité, mais tout de même suffisamment pour que je m'en rende compte. Je pourrais profiter de la situation et la déjouer, la laisser tomber du jour au lendemain, ne plus lui donner signe de vie pour qu'elle ait l'intérieur grugé de remords et qu'elle se mette dans ma peau un instant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:Trebuchet MS;font-size:85%;color:#660000;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:Trebuchet MS;font-size:85%;color:#660000;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:Trebuchet MS;font-size:85%;color:#660000;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;Je me trouverais une autre rousse à idéaliser et j'appellerais la rousse que j'ai actuellement pour lui dire à quel point mon départ fut pour le mieux, à quel point... je ne sais pas quelle fausseté je pourrais lui inventer, mais je donnerais libre cours à mon imagination pour qu'elle regrette de m'avoir laissé de côté, moi, Adèle, la je-ne-sais-pas-où-je-suis, la je-ne-sais-pas-où-je-vais, au profit de Madame Sansfaçon (de m'avoir pris ma place) qui travaille depuis 20 ans au même endroit, qui a un adorable mari qui lui a donné deux tout aussi adorables enfants, qu'elle comble d'amour, qui est ci et ça alors que moi, je ne suis pas ci ni ça. Je suis un genre de point de suspension, en attente de... de me faire laisser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Jamais deux sans trois que dit l'expression. Déjà deux fois qu'elle m'incite à partir. La prochaine fois, je mettrai mon plan à exécution et je m'en irai en quête d'une gentille rouquine à qui je parlerai de la méchante rouquine.&lt;/span&gt; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3437959929116389571-8149907653237733578?l=symphonuit.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://symphonuit.blogspot.com/feeds/8149907653237733578/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3437959929116389571&amp;postID=8149907653237733578&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/8149907653237733578'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/8149907653237733578'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://symphonuit.blogspot.com/2009/05/la-mechante-rouquine.html' title='La méchante rouquine'/><author><name>Adèle B.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05012353310218619139</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='14' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-arGt39gKIa8/TzG0WcPX-AI/AAAAAAAAAZw/69HLNJrS2Qg/s220/Visage.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_qLvd9NDNgng/SiLdQii4rtI/AAAAAAAAAIk/QgtGFEwXkD8/s72-c/fuite12.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3437959929116389571.post-6173679163139307905</id><published>2009-05-29T14:25:00.000-07:00</published><updated>2009-05-31T17:05:11.278-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Fond de tiroir'/><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Quand je suis retournée à Québec avec Monsieur Lego, mon papa symbolique, «papa» étant un acronyme signifiant papa adopté, papa adoptif (je dois tout de même m’assurer qu’il ne me file pas entre les doigts celui-là, d’où la raison de la symétrie entre adopté/adoptif), bref, quand je suis retournée à Québec avec lui et toute sa famille et que nous avons fait un arrêt à l’exposition du musée du Louvre juste pour moi, parce qu’ils sont tous au courant, eux, que j’aime les arts, sitôt que j'ai passé l’entrée, là où les préposés vous installent un bracelet pour le droit de passage en vous souhaitant, avec leur sourire le plus radieux, une «bonne visite!», je me suis mise à être irritée de l’intérieur. &lt;em&gt;Pourquoi je suis ici, pourquoi t’acceptes qu’on t’amène ici après la crise que tu leurs a fait au parc des Haute-Gorges, maudite profiteuse, t’es rien qu’une maudite profiteuse Adèle Bertrand, c’est ça que t’es, tu vas regarder les tableaux et tomber sur un tableau super coloré et ça te fera pleurer, ils vont te demander pourquoi et tu ne sauras pas répondre, parce que de dire que la couleur est trop intense n’est pas une bonne réponse, parce que ça ne signifie rien pour eux la couleur et que pour toi, ça te parle, ça vient te chercher comme si tu t’en étais mis partout sur le corps, comme si tu étais vraiment multicolore alors qu’au fond, tu ne fais que te dégrader dans les tons de rouge. T’es juste capable de sortir le faux quand tu parles Adèle Bertrand, comme en ce moment, quand, dans ton élan de colère, tu leur dis :&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;-Là, là, excusez-moi, mais j’ai vraiment chaud, j’suis plus capable d’attendre dans la file, moi là, je ne pourrai pas rester ici à attendre, non, j’m’en vais dehors.&lt;br /&gt;-Ok, il n’y a pas de problème…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Comment ça, pas de problème? Comment ça, ça ne vous dérange pas? Comment ça! C’est sûr, c’est pas eux qui sont dans mes souliers, assis sur un banc à l’extérieur en train d’arracher son bracelet de fille attachée au musée, de fille trop contente d’y être, de le déchirer en petits bouts pour être sûre qu’il ne soit plus reconnaissable au cas où l’envie me prendrait de retourner dans le musée, pour être sûre que le préposé à l’accueil me dise «vous ne pouvez pas entrer Madame, désolée», pour que mon papa imaginaire ait un air triste, si l’envie lui prend de sortir me voir. D’ailleurs, j’attends toujours qu’il sorte du musée et accourt vers moi, j’attends toujours et plus j’attends, plus je m’impatiente qu’il ne vienne pas et plus je m’impatiente, plus j’ai envie de grimper sur le toit du bâtiment et de me lancer dans les airs pour voir si, un humain, quand ça tombe de haut, ça fait le même bruit que quand on écrase une grenouille avec son pied. Mais surtout et plus que tout, je voudrais que quelqu’un me console, n’importe qui, mais que quelqu’un vienne, dans un élan de bonté infinie me consoler, que je puisse me blottir dans les bras de quelqu’un et que je sente, pour une fois, que c’est aussi vrai que quand moi, je me lance dans des amours éperdus. Mais je suis assise, là, sur le banc, et personne ne viendra. Personne, non, personne.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3437959929116389571-6173679163139307905?l=symphonuit.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://symphonuit.blogspot.com/feeds/6173679163139307905/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3437959929116389571&amp;postID=6173679163139307905&amp;isPopup=true' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/6173679163139307905'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/6173679163139307905'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://symphonuit.blogspot.com/2009/05/quand-je-suis-retournee-quebec-avec.html' title=''/><author><name>Adèle B.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05012353310218619139</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='14' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-arGt39gKIa8/TzG0WcPX-AI/AAAAAAAAAZw/69HLNJrS2Qg/s220/Visage.JPG'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3437959929116389571.post-6392435175505894213</id><published>2009-05-29T14:11:00.000-07:00</published><updated>2009-05-29T14:19:19.611-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Fond de tiroir'/><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_qLvd9NDNgng/SiBRC77Z8ZI/AAAAAAAAAIc/nGHV-yhiGTM/s1600-h/Pollock.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5341358268949852562" style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; WIDTH: 320px; CURSOR: hand; HEIGHT: 320px" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_qLvd9NDNgng/SiBRC77Z8ZI/AAAAAAAAAIc/nGHV-yhiGTM/s320/Pollock.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;Je voudrais retourner sur les plaines d’Abraham avec toi et me rouler dans la peinture. M’en mettre partout, partout, partout. Me renverser de la peinture de toutes les couleurs sur le corps en entier et garder le rouge pour me gargariser la gorge et le vomir par le nez pour que tous mes orifices, sans exception, soient rouges. Je me donnerais en spectacle, je ferais une performance artistique qui demanderait comme participation seulement tes yeux sur moi et ton silence. Je serais une œuvre abstraite que tu ne pourrais pas toucher. Tu serais sur la cime de la colline, étourdi par mon numéro et par ta bière et moi, je terminerais la tragédie en saucisson, en dévalant la montagne et en criant un «je t’aime mon amour» jusqu’à tomber dans mes larmes jusqu’au sol.&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3437959929116389571-6392435175505894213?l=symphonuit.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://symphonuit.blogspot.com/feeds/6392435175505894213/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3437959929116389571&amp;postID=6392435175505894213&amp;isPopup=true' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/6392435175505894213'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/6392435175505894213'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://symphonuit.blogspot.com/2009/05/je-voudrais-retourner-sur-les-plaines.html' title=''/><author><name>Adèle B.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05012353310218619139</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='14' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-arGt39gKIa8/TzG0WcPX-AI/AAAAAAAAAZw/69HLNJrS2Qg/s220/Visage.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_qLvd9NDNgng/SiBRC77Z8ZI/AAAAAAAAAIc/nGHV-yhiGTM/s72-c/Pollock.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3437959929116389571.post-538797082429956001</id><published>2009-05-29T13:51:00.000-07:00</published><updated>2009-05-29T13:58:25.840-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Fond de tiroir'/><title type='text'>Le cheval qui faisait hi, hi, hi, hi!</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_qLvd9NDNgng/SiBL0DyilCI/AAAAAAAAAIE/vXxCRxHodWA/s1600-h/blog-dsc_7997-oeil-cheval-manege.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5341352515803976738" style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; WIDTH: 320px; CURSOR: hand; HEIGHT: 274px" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_qLvd9NDNgng/SiBL0DyilCI/AAAAAAAAAIE/vXxCRxHodWA/s320/blog-dsc_7997-oeil-cheval-manege.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;Je repensais à toi en déshabillant mon amie Annie du regard et à mon rêve du mois dernier, rêve érotique de jeux sexuels avec elle, dans un lit rose &lt;em&gt;tu-fais-dur-longtemps&lt;/em&gt;, dans un lit de princesses déchues qui n’ont rien de mieux à faire que de se rentrer mutuellement un archet dans le cul pour jouer, jouir, jouer, jouir, jouer, jouir jusqu’à ce qu’un long repos advienne et j’ai failli lui faire une crise de nerfs parce que je n’en pouvais plus que tes fantasmes à la con me suivent alors que tu n’es même plus dans ma vie depuis… depuis quand déjà? Mais l’as-tu au moins déjà quitté ma vie ou si je te traîne encore comme un chien de poche imaginaire? Tu as beau n’être qu’un fantôme transparent dans mon quotidien, il n’en demeure pas moins que tu deviens opaque quand tu me reviens en tête, toi et tes goûts particuliers comme les sonorités en «i» en matière de prénoms féminins, du genre &lt;em&gt;Annie, ça sonne tellement doux, tellement inoffensif&lt;/em&gt;. Oui, bien sûr! Parce que ça rime avec hi, hi! et qu’il y a seulement les jeunes timides en mal d’amour qui riraient comme ça, il n’y a que les femmes-enfants pleines de manque, gigotant sur place en voyant un homme qui s’intéresse à elle et qui fait automatiquement déclencher leur mécanisme de défense qu’est le rire hi, hi, hi, hi, parce qu’elles n’ont pas la moindre idée de la forme que prend le vrai amour alors elles se disent que si leur interlocuteur veut seulement pratiquer ses accords en violoniste professionnel qu’il est, eh bien, qu’il le fasse à l’intérieur d’elles, hi, hi, hi, hi, ça fera mal, mais qu’importe puisqu’il restera le rire, hi, hi, hi, hi, qui masquera un «tu joues dans mon complexe d’Œdipe là, mon complexe gros comme un complexe sportif sauf que là, la coureuse olympique est à bout de souffle, complètement égarée, complètement vidée et elle éclaterait bien en sanglots», hi, hi, hi, hi.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3437959929116389571-538797082429956001?l=symphonuit.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://symphonuit.blogspot.com/feeds/538797082429956001/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3437959929116389571&amp;postID=538797082429956001&amp;isPopup=true' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/538797082429956001'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/538797082429956001'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://symphonuit.blogspot.com/2009/05/le-cheval-qui-faisait-hi-hi-hi-hi.html' title='Le cheval qui faisait hi, hi, hi, hi!'/><author><name>Adèle B.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05012353310218619139</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='14' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-arGt39gKIa8/TzG0WcPX-AI/AAAAAAAAAZw/69HLNJrS2Qg/s220/Visage.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_qLvd9NDNgng/SiBL0DyilCI/AAAAAAAAAIE/vXxCRxHodWA/s72-c/blog-dsc_7997-oeil-cheval-manege.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3437959929116389571.post-2476058155914610358</id><published>2009-05-29T12:56:00.000-07:00</published><updated>2009-05-29T13:01:20.898-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Fond de tiroir'/><title type='text'>JoAne</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;JoAne. Même dans ta signature maman, il faut que tu t’imposes, que tu te donnes un style qui sonne faux. «JoAne», sur toutes les cartes d'affaires de ton mari, «JoAne» sur mes bulletins scolaires de la 1ère à la 6ème année et sur tous ceux de mon secondaire entier, «JoAne» sur les factures, «JoAne» dans les cartes de fête envoyées aux tantes du cousin qui étudiait avec le frère de ton amie d’enfance du temps où tu te demandais quoi faire de ta vie, «JoAne» qui cache un et cetera, «Joane» avec un «A» qui n’en finit plus de s’étirer comme quand tu m’amenais chez le médecin et qu’il me regardait les amygdales. Moi, je dis que si j’étais aussi malade de la gorge quand j’étais petite, c’est parce que je n’ai pas assez ouvert la bouche et que mon intérieur pourrissait à un point tel qu’il fallait que je tousse régulièrement mon trop-plein de sentiments. Plein de pu blanchâtre sur ma langue que tu me disais qu’il fallait que je fasse partir, &lt;em&gt;brosse Adèle, brosse, ça s’en ira pas tout seul&lt;/em&gt;! Eh non, maman, tu avais encore une fois raison, mes sentiments sont encore là, noués depuis le ventre et débordant sur ma langue que j’oublie encore de nettoyer une fois sur deux. Tu vois, maman, je viens de remarquer que dans ton prénom, il y a le petit mot «ane» et que si on lui ajoute un chapeau, ça fait «âne». Farfelu? Pas tellement. Âne, comme ma peau, ma peau d’âne dégueulasse, ma peau qui cache un tas de pu interne. Ce petit mot de trois lettres «âne» qui me fait sursauter à chaque fois que je l’entends. Ça devait être pour ça que, quand j’étais petite, je disais «ane» plutôt qu’«âne». Ça ne prenait pas un orthophoniste pour régler mon problème maman, mais un psychologue compétent qui m’aurait disséqué l’intérieur sur papier et qui aurait vite compris pourquoi je ne prononçais pas le «a» comme tous les autres enfants de la terre dès le moment où je me serais mise à me dessiner avec de longues oreilles et du poil gris partout.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3437959929116389571-2476058155914610358?l=symphonuit.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://symphonuit.blogspot.com/feeds/2476058155914610358/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3437959929116389571&amp;postID=2476058155914610358&amp;isPopup=true' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/2476058155914610358'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/2476058155914610358'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://symphonuit.blogspot.com/2009/05/joane.html' title='JoAne'/><author><name>Adèle B.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05012353310218619139</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='14' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-arGt39gKIa8/TzG0WcPX-AI/AAAAAAAAAZw/69HLNJrS2Qg/s220/Visage.JPG'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3437959929116389571.post-8310743664050925787</id><published>2009-05-24T18:46:00.000-07:00</published><updated>2010-08-29T15:56:59.833-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Vieux - pas si vieux - relent psychiatrique'/><title type='text'>M. Lego, le colibri ou l'homme-oiseau (brouillon)</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_qLvd9NDNgng/SiA1J7ZrqHI/AAAAAAAAAH8/kVfPDHwEwew/s1600-h/86008.jpg"&gt;&lt;img style="MARGIN: 0px 0px 10px 10px; WIDTH: 226px; FLOAT: right; HEIGHT: 288px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5341327602741913714" border="0" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_qLvd9NDNgng/SiA1J7ZrqHI/AAAAAAAAAH8/kVfPDHwEwew/s320/86008.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;"&gt;M. Lego, c’est mon homme jouet préféré. Son vrai nom, c’est Legault, mais moi, j’aime mieux le modifier pour «Lego» et y ajouter un accent aigu imaginaire sur le «e». Légo. Comme mes petits blocs de couleurs qui s’emboitaient l’un dans l’autre quand j’étais petite. Sauf que là, il n’y a qu’un seul bloc : lui et je dois dire que je l’encastrerais bien en moi. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;"&gt;&lt;br /&gt;Un seul calendrier aura suffit pour réveiller en moi deux mille ans de manque d’amour. Un calendrier 2009 de Klimt, de tes mains (que je devine tremblantes) à mes mains moites d’amour, et je me suis dit qu’au fond, je devais lire entre les lignes, y décoder un message caché comme un trésor de mots attendu depuis toujours, prendre ça comme un :«toutes les nuits, je rêve à toi», comme un « je dors avec ma femme, mais je m’imagine que tu l’as substituée» et ce, même si depuis deux siècles tu me répètes qu’il y a plusieurs formes d’amour et que tu ne m’aimeras jamais comme une petite princesse. Mais c’est plus fort que moi. Quand tu me l’as donné avec ton sourire fendu jusqu’aux étoiles et qu’en page couverture se trouvait la peinture du baiser, ma préférée, j’ai tout de suite pensé qu’enfin, je t’avais gagné, qu’enfin un an passé à te fréquenter bien banalement avait abouti à réveiller en toi plein de désir qu’un vieux croûton de ton âge devrait, normalement, ressentir pour une jeune naïve qui déambule dans l’existence avec une étiquette rouge «aimez-moi» fixée tout le tour d’elle-même. Tu m’as dit :«Mais tu peux l’accrocher à ton mur avant 2009, ça te donnera une perspective du futur». Dans ma petite tête de linotte, je n’ai pas pu m’empêcher d’ajouter des points de suspension à ta phrase, je l’ai réécrite pour qu’elle soit à notre image.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Tu veux que je l’accroche à mon mur pour que tous les soirs, je m’imagine tomber dans tes bras plutôt que dans ceux de Morphée et ce, dès maintenant, parce que 2009 ne vient pas si vite et que, pour toi aussi le temps est long, mais comme la vie s’ouvrira pour nous deux dès minuit le jour du 31 décembre, alors l’avenir prendra bientôt tout son sens. Plus que quelques mois mon amour Adèle et nous serons unis à jamais.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est comme la fois où, chacun dans une pièce séparée: toi à ton bureau, devant l'ordinateur et moi dans ton salon, couchée sur le divan de ta femme, attelée à la rédaction d'un de mes travaux de dernière minute sur mon portable, j'ai décidé de mettre un disque de Francis Cabrel, question de m'enlever de la tête &lt;em&gt;La tonalité fantastique dans&lt;/em&gt; &lt;em&gt;«Notre-Dame de Paris»&lt;/em&gt;. Dans ton condo de riche, à la salle de bain grande comme ma chambre, ta vraie princesse absente du décor, seul «je t'aimais, je t'aime et je t'aimerai» emplissait l'espace. Loin dans ma tête, tu avais désormais le timbre mélodieux de Cabrel, tu lui avais volé ses mots et ils roulaient si bien dans ta bouche... De ta bouche à mes oreilles, de mes oreilles à mon bas ventre, de mon bas ventre à ma tête, de ma tête à un cul-de-sac. Tout a déboulé. Oui, parce qu'il a fallu que tu mettes toi aussi dans ton lecteur de disques une version espagnole de cette même chanson et qu'en plus, tu me demandes de t'aider à choisir un endroit approprié pour accrocher ton vitrail, ton vitrail acheté des années plus tôt, mais qu'avec tellement de subtilité, tu décidais de sortir du vieux placard, là, pendant que j'y étais, pendant que j'avais pris la place de Vénus. Tu aurais sans doute dit n'importe quoi que j'y aurais quand même vu une allusion cachée à ma personne, un désir intensément amoureux que tu voulais me manifester sans trop savoir comment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Bon alors Adèle... Où est-ce qu'on l'accroche?&lt;br /&gt;- Sûrement pas dans mon cou, hein! (&lt;em&gt;grand éclat de rire&lt;/em&gt;)&lt;br /&gt;Et là, tu t'es mis à m'expliquer que tu aimais beaucoup les teintes des colibris et moi à t'expliquer que je trouvais ça rigolo qu'il y en ait très spécifiquement trois. &lt;em&gt;Trois comme notre trio infernal que ta femme, toi et moi formons. Je préférais le colibri du milieu parce qu'il avait son long bec bien planté dans le nectar d'une fleur rose, rose bébé. Et toi, tout comme l'oiseau, tu pratiquais à merveille ton vol stationnaire dans la position statique dans laquelle tu te trouvais.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;- C'est pas moi qui ai l'oeil artistique, c'est toi. Allez. Je te propose des endroits. &lt;em&gt;Non, mais il a l'oeil amoureux en maudit, par exemple... Et voilà mon homme-oiseau qui se déplace à coups de battements d'ailes rapides d'une pièce à l'autre, de haut en bas, je ne sais plus. Tout ce que je sais, c'est que je ne le laisserai pas filer. &lt;/em&gt;On le place dans la fenêtre de mon bureau?&lt;br /&gt;- Ah oui! C'est parfait, ici! Je suis tellement contente, là! T'as pas idée!&lt;br /&gt;- Je vois ça...&lt;br /&gt;- Non, non! Je te jure! Je suis tellement, tellement contente! (&lt;em&gt;immense étreinte&lt;/em&gt;) Attends, je vais au moins enlever mes lunettes. (&lt;em&gt;se colle douteusement&lt;/em&gt;)&lt;br /&gt;- Adèle... tu sais pas ce que tu fais présentement.&lt;br /&gt;- (&lt;em&gt;Recule de douze mille pas&lt;/em&gt;) Ah mon Dieu! Je m'excuse, je m'excuse, je m'excuse à l'infini plus un, je m'excuse, je m'excuse, je m'excuse! (&lt;em&gt;place mes pieds vers l'intérieur&lt;/em&gt;)&lt;br /&gt;- Je te l'ai dit Adèle, je te considère comme ma fille.&lt;br /&gt;- Je m'excuse, je m'excuse, je m'excuse, je m'ex... (&lt;em&gt;pleurs&lt;/em&gt;)&lt;br /&gt;- C'est correct, tu t'es excusée.&lt;br /&gt;- Je m'excuse, je m'excuse, je m'excuse, je m'excuse...&lt;br /&gt;- Ok! J'ai compris! Tu t'es excusée. C'est correct.&lt;/span&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3437959929116389571-8310743664050925787?l=symphonuit.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://symphonuit.blogspot.com/feeds/8310743664050925787/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3437959929116389571&amp;postID=8310743664050925787&amp;isPopup=true' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/8310743664050925787'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/8310743664050925787'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://symphonuit.blogspot.com/2009/05/m-lego-le-colibri-ou-lhomme-oiseau.html' title='M. Lego, le colibri ou l&apos;homme-oiseau (brouillon)'/><author><name>Adèle B.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05012353310218619139</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='14' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-arGt39gKIa8/TzG0WcPX-AI/AAAAAAAAAZw/69HLNJrS2Qg/s220/Visage.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_qLvd9NDNgng/SiA1J7ZrqHI/AAAAAAAAAH8/kVfPDHwEwew/s72-c/86008.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3437959929116389571.post-6302377493199939976</id><published>2009-05-24T17:55:00.000-07:00</published><updated>2009-05-31T15:44:23.308-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Vieux - pas si vieux - relent psychiatrique'/><title type='text'>Docteur Fleury</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_qLvd9NDNgng/SiA03ByYTzI/AAAAAAAAAH0/b8EytTDLyHY/s1600-h/untitl19.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5341327278038601522" style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; WIDTH: 197px; CURSOR: hand; HEIGHT: 320px" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_qLvd9NDNgng/SiA03ByYTzI/AAAAAAAAAH0/b8EytTDLyHY/s320/untitl19.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;Devant le bureau du Docteur Fleury à l’institut universitaire en santé mentale qui finit par «as», voire «ass», c’est selon votre humeur du jour, si vous envie de sortir votre anglais et d’étirer le «s» final, j’attends mon tour. J’attends que ce fameux docteur diplômé à l’université des scientifiques sans cœur me serre la main comme si nous nous apprêtions à conclure une grande affaire, comme si j’étais entre bonnes mains avec lui. Déjà, avant même de le voir, je fantasme sur son nom : Fleury. Presque comme le nom de mon ancien professeur de poésie, Monsieur Lafleur, presque comme l’adjectif «fleuri» qui peut constituer à lui seul une histoire : Il était une fois, dans un pré fleuri, une poulette au teint fleuri, mais à peine fleurie d’amour. Une jeune demoiselle qui exposait gaiement son bouton rose fleuri à un vieux…&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;- Bonjour! Madame Bertrand? &lt;em&gt;Euh, je sais pas, qu’est-ce que t’en penses, je suis la seule assise devant ton bureau. Et pis, à ce que je sache, c’est pas un monsieur que t’as devant toi.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;- Oui, c’est moi.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;- Venez.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;Grand éclat de rire de ma part : normal après l’histoire que je me suis racontée!&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;- Je peux savoir ce qui vous fait rire?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;"&gt;&lt;span style="color:#660000;"&gt;- La gêne. &lt;em&gt;J’te dirai certainement pas que j’t’ai amené, ton nom et toi, dans un pré en fleurs, hein!&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;- Ah bon. Ça vous arrive souvent?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:Trebuchet MS;font-size:85%;color:#660000;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;Et là, il me prend une envie folle de lui sortir une niaiserie juste pour lui montrer jusqu’où je peux me perdre dans ma tête, mais je me retiens.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;- À l’occasion.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;- Bien... Donc, vous êtes déjà venue vous faire évaluer il me semble. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;&lt;em&gt;Ah ben mon écœurant, comment ça « il me semble », comme si ce n’était pas écrit devant tes yeux, dans mon dossier avec les dates et tous les bouts d’histoires que j’ai inventées spontanément, à l’improviste, tu me prends pour une folle qui oublie, c’est ça hein? Une folle qui pense qu’en plein mois d’août le Père-Noël va débarquer chez elle? Au lieu de me demander ça, tu pourrais au moins me remercier d’avoir décontenancé, la dernière fois que je suis venue ici, ta travailleuse sociale supposément super crédible dans les informations notées à mon dossier. Super crédible, mon œil! J’ai dû lui sortir douze mille synonymes pour qu’elle comprenne dans sa langue maternelle ce que signifiait l’adjectif «interne», «agitation in-ter-ne, Madame», intérieure, par en dedans, dans le fin fond de soi, dans les tripes, ça vous prends-tu un dessin coudon, est-ce que je vais devoir vous vomir ma banane de ce matin et vous dire :«ça, c’est mon déjeuner externe, avant que vous me mettiez à bout, ma banane était in-ter-ne». Bref, je ne sais même plus où j’en suis avec tout ça, vous et votre travailleuse sociale et pourquoi pas, votre petite étudiante au fond du bureau, en train de prendre des notes comme si elle avait devant elle un extraterrestre à scruter sous tous ces angles. Je veux dire, c’est pas comme si j’avais dit beaucoup d’informations pertinentes en deux minutes, là, je sais pas si elle note le nombre de mots qui me passent par la tête pour que vous en concluiez que 6000 mots, c’est un peu trop dans un si court laps de temps et que j’ai de la fuite dans mes idées, j’ai tellement de fuite dans mes idées qu’il me faudrait bien une petite pilule pour me calmer. Moi, je pense que la prescription de ma petite pilule, c’est pour vous consoler vous, dans votre trop grand regret de ne pas savoir où donner de la tête face à un cas comme moi, pour vous donner l’impression tout de même d’avoir rempli votre devoir et conséquemment, de faire exploser mon Jean Coutu à cause du nombre de prescriptions que vous lui envoyer en une journée. Faire faire de l’embonpoint de pilules à mon Jean Coutu, l’écœurant! Eh bien, moi, vous ne m’aurez pas!&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:Trebuchet MS;font-size:85%;color:#660000;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;- On m’a déjà évaluée, oui.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;- Et depuis, comment vous sentez-vous? Vous arrive-t-il de sentir des choses étranges en vous?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;Et si je n’avais pas peur que vous m’enfermiez sur le champ, je me serais décidée à livrer le fond de ma pensée décousue en vous inventant une autre histoire farfelue. Je vous aurais dit :«oh oui Monsieur, je sens plein de fourmis en moi, plein de fourmis qui ont bâti leur fourmilière dans mes organes et comme je me pensais la reine du lot, je croyais avoir le plein pouvoir sur elles, mais horreur! Ce n’était pas le cas et je me sens tellement impuissante maintenant que je viens vous voir parce que, vous savez quoi? Approchez-vous question de garder le secret entre vous et moi… d’ici une semaine, tous mes organes seront perforés et je vais mourir. Quand le médecin légiste fera mon autopsie, il sera trop tard pour que vous puissiez constater à quel point ces insectes étaient maîtres dans l’art de tisser des petits tunnels destructeurs».&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;color:#660000;"&gt;Mais il m’a semblé que j’avais déjà suffisamment parlé et que l’heure était grave, du genre que je disais une connerie de plus et que vous me mettiez la camisole de force.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3437959929116389571-6302377493199939976?l=symphonuit.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://symphonuit.blogspot.com/feeds/6302377493199939976/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3437959929116389571&amp;postID=6302377493199939976&amp;isPopup=true' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/6302377493199939976'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3437959929116389571/posts/default/6302377493199939976'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://symphonuit.blogspot.com/2009/05/docteur-fleury.html' title='Docteur Fleury'/><author><name>Adèle B.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/05012353310218619139</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='14' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-arGt39gKIa8/TzG0WcPX-AI/AAAAAAAAAZw/69HLNJrS2Qg/s220/Visage.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_qLvd9NDNgng/SiA03ByYTzI/AAAAAAAAAH0/b8EytTDLyHY/s72-c/untitl19.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry></feed>
